Ep. I, I
l'un des plus courageux prélats de TEglise grecque : il reparaîtra souvent dans cette biographie de Théodore. Leur sœur et Euthyme lui-même moururentles premiers et moururent jeunes, et leur nom ne se trouvera plus mêlé désormais h cette histoire. Dans une lettre adressée h sa mère dont il venait d'apprendre la grave maladie, Théodore disait en effet : « Pourquoi donc, mère, aviez-vous hâte de nous quitter dans votre désir du siècle futur? hâte de vous éloigner de nous pour vous rapprocher du Seigneur!^ Vous aimiez bien pourtant votre monastère, maisuii plus grand désir a pris votre cœur, et vous brûlez de retrouver ma bonne et sainte sœur, et mon doux frère et seigneur Euthyme, ou plutôt le chœur entier des bienheureux. Comment pourrais-je, ô mère, continuer ma lettre sans verser de larmes? Il me serait donc réservé, malheureux, d'apprendre encore votre mort! Comment le supporterais-je ? Puisse un tel malheur se détourner de moi! Toutefois je m'en remets à la volonté et au bon plaisir de Dieu. La mort a pris, en premier lieu, ma sœur; elle a pris ensuite mon frère; elle cherche une troisième victime. Qui sera-ce? Si c'est vous-même, c'est un grand honneur, car vous complétez le nombre Irinitaire et vous aurez la récompense, vous qui, réglant si saintement votre vie, avez tout quitté, tout donné à Dieu, le chef, les membres, vous-même. Au reste, le meilleur est ct qui plaira à Dieu. Et vous, ô ma mère, so^ez bénie ou vivante ou dans votre dernier sommeil*. »