I. Fita
d'où toutes sortes crinconvënients et d'ennuis spirituels, voici ce que fit Platon. Après avoir recueilli les avis des moines les plus instruits, car, exempt de toute présomption, il consultait toujours avant d'agir, afin de ne rien faire, même le bien, inconsidérément, Tabbé de Saccudio supprima toutes ces coutumes illégales comme des hérésies funestes, et décida que son monastère n'aurait plus désormais ni serviteur, ni animaux de sexe féminin, ni aucunde ces revenus commerciaux que le divin Basile appelle des bénéfices de cabaretiers et déclare devoir être bannis ^ »
On donna donc la liberté à tous les serviteurs après leur avoir remis quelque argent; on distribua aux pauvres le reste des biens dont ces séculiers avaient la charge, et ainsi le couvent de Saccudion rentra dans l'exacte observance des antiques traditions léguées par les Pères, et devint le parfait modèle de la vie monastique. Le bruit de cette généreuse et mémorable réforme se répandit au loin, excitant le même zèle de perfection chez les saints moines etprovoquant l'envie de ceux qui n'avaient point le courage de l'imiter. Platon et Théodore, sans s'émouvoir ni des éloges ni des critiques jalouses, inaccessibles à la vaine gloire aussi bien qu'aux récriminations, demeurèrent inébranlables dans leur réforme. Et bientôt cette réforme s'étendit peu à peu jusqu'aux monastères les plus lointains. « Que si, conclut humblement Théodore, Platon eut un compagnon de lutte et de labeur, à savoir celui qui dit et écrit ces lignes, tout mérite doit en revenir à notre Père : il convient au fils d'imiter son père et de se conformer entièrement à lui^ ,)