I. Laud. funeh. S. Plalon'is
La lettre suivante écrite par Théodore à un supérieur de monastère, Nicéphore, son cousin, montrera bien à quelles sollicitations étaient en butte les moines de Saccudion. « Quand votre réponse me fut remise par notre Père le diacre, mon bien cher cousin, je voulais aussitôt vous écrire. Mais c'était rhiver, je changeai d'avis, et je crus bon de ne point écrire si vite. Mais puisque vos lettres viennent encore m'interroger, pourquoi différer davantage et ne pas vous dire toute ma pensée'? » Et Théodore commence par parler de sa jeunesse passée, en des termes de la plus touchante humilité. « D'abord, je veux vous dire, et croyez-moi, ami vénéré, que je fus, pour beaucoup, et vous le savez bien, un exemple de vices nombreux. Il n'est presque point de fautes que je n'aie commises et où je n'aie entraîné les autres. Mais sachant la bonté de Dieu qui va jusqu'à retirer celui qui se plonge dans les profondeurs du mal et lui tend la main pour le repentir, j'ai échappé au désespoir et, peu à peu, il m'a semblé que je m'affermissais dans le bon chemin. Et c'est pourquoi, comme Dieu le sait, lui qui connaît tous les secrets, je me suis éloigné de la société de mes parents, de la fréquentation de mes amis selon la chair, et des autres hommes, la seule puissance divine venant au secours de ma faiblesse. »
Puis, arrivant à l'objet même de la lettre, à savoir si l'empereur avait le droit de répudier son épouse pour en prendre une autre, Théodore ajoute : « Quant à ce que vous avez voulu apprendre de moi, malgré mon ignorance, il en est bien comme vous l'a dit notre diacre. Nous n'avons point parlé,