Kp. I, 3, 91J
ordonné de vous écrire ainsi. Ne craignez donc pas les hommes, ô mon Père, ni leurs vexations. C'est en jugeant toutes ces choses ombre et songe, que les saints sont devenus l'admiration du ciel et de la terre. Encore un peu de labeurs, encore un peu de souffrances, et nous aurons accompli heureusement notre course. Déjà la couronne est tressée, la récompense éternelle est préparée, et vous serez appelé l'ami du roi céleste, le compagnon des saints, et confesseur parmi les hommes. Oui, je vous en supplie, je conjure vos entrailles de père, soyez-nous force, patience, persévérance. Car si vous demeurez ferme, ô notre Père, nous, vos fils inutiles, nous serons rendus plus vaillants, et nous supporterons courageusement les épreuves, avec la grâce de Dieu et vos prières. »
« Pour nous, ajoute Théodore, nous ne céderons pas à la crainte des hommes ni à leurs supplices; et dussions-nous même verser notre sang, nous le ferons avec joie *. »
Si l'on retrouve dans la correspondance de l'exilé, à cette époque, les mêmes sentiments souvent exprimés, c'est que, d'abord, il ne savait jamais si les lettres pourraient parvenir h leur adresse. De plus, Théodore, on peut déjà l'avoir remarqué, savait écrire, et le faisait volontiers, y voyant encore une sorte de prédication et d'apostolat, dont il renvoyait l'honneur et le mérite à son oncle : « Je le dis maintenant encore, et je le confesse une fois de plus, lui écrit-il, si j'ai quelque talent de parole, et peut-être quelque aptitude à écrire, ils ne m'ont pas été donnés à cause de moi, votre serviteur indigne,