I. Ép. I, I, 9o
kO SAINT THÉODORE.
mais à cause de vous qui avez au cœur une source jaillissante de grâce. » De Théodore aussi, Ton pourrait dire qu'il avait au cœur une source jaillissantes, qu'il épanchait sans eflbrt autour de lui pour supplier, conseiller, exhorter; c'est une ame qui vibre délicatement sous la plus légère impulsion; dans la même lettre il gémit et il chante; il semble passer de l'abattement à l'enthousiasme, et les accents de deuil font bientôt place à un cantique triomphal : si je puis dire, rien n'est plus humain que ses lettres, car nous y trouvons ce continuel mélange de joies et de tristesses, de pleurs et de sourires dont est pétrie toute la série des jours de l'homme ici-bas. « Qui donc, demande-t-il dans cette même lettre de son exil, m'a séparé de votre vue si désirée, de votre conversation si agréable, de votre direction si salutaire? Vous êtes ma lumière, le flambeau illuminant les ténèbres de ma pensée, le bâton pastoral soutenant l'atonie de mon cœur ; vous écartiez le découragement, vous provoquiez le courage et l'ardeur; vous êtes mon évangile, ma joie, ma fête, ma gloire. Sans vous le soleil est pour moi sans éclat, et j'aimerais mieux être privé de voir la lumière que de ne jouir plus de votre vue. Rien ne peut plus être pour moi agréable sur terre si votre présence me manque.... Et cependant, je rends grâces à Dieu, pour qui je fus arraché à votre personne, par les mains de ceux qui foulèrent aux pieds sa loi. Que le Seigneur notre Dieu ne leur impute point ce péché, mais les pousse h reconnaître leur audace et à nous rendre notre Père*. »
Après les regrets, et l'action de grâces, voici main-