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tenant les paroles de consolation et crespérance : « A moi prodigue et indigne, ô Père juste, par la vertu de vos saintes prières, le Seigneur miséricordieux m'a donné la grâce consolatrice d'être toujours avec vous en esprit. Je suis toujours comme si je vous voyais, comme si je conversais avec vous; j'assiste à votre prière, à vos méditations, je vous parle et vous me parlez de cette foi généreusement confessée. Oui, il me semble entendre distinctement votre voix me disant : « Mon petit Théodore, notre souffrance est peu de chose, car magnifique est la récompense que Dieu nous donne h espérer. »
Et Théodore avoue, en effet, que ses souffrances sont légères s'il les compare aux souffrances des saints. « J'ai mis la main, dit-il, sur douze volumes où sont décrits les supplices d'un grand nombre de martyrs : mon cœur en fut tout bouleversé, et je n'ose plus dire que j'ai souffert quelque chose pour le Christ. Et quoi pourtant de plus doux, je vous le rappelle humblement, ô Père, que de souffrir pour lui? Regardez en haut, voyez le Seigneur, considérez les milices angéliques, contemplez l'armée des saints, voyez sur un trône sublime le Juge du monde : il vous proclamera serviteur fidèle, gardien de ses
préceptes, et, mieux encore, confesseur Nos
veux à tous sont fixés sur vous. Tous nous sommes pleins de courage, car vous êtes inébranlable. Puisse de plus en plus le secours divin vous fortifier, vous donner puissance, vigueur, héroïsme. Vous qui craignez Dieu, ne redoutez pas ce que l'homme vous a fait et vous fera peut-être encore. »
Et la lettre se termine par de très brèves nouvelles de tous les proscrits relégués à Thessalonique : « Nous sommes tous en bonne santé, notre
diacre, mon cher frère, bien digne maintenant surtout de mon affection, et aussi tous nos autres aimés et honorés frères, vos enfants. Priez pour tous, ô Père, avec moi. Tous sont dans le bon chemin; leur seul désir est votre santé et salut dans le Seigneur, et tout ce qu'ils souffrent leur est léger à porter. »
L'exil de Théodore et de ses moines ne dura que quelques mois. Une de ces révolutions de palais si fréquentes à Byzance leur rendit la liberté. Elle éclata durant l'été de 797. On dit que la mère ellemême de l'empereur, l'impératrice Irène, inconsolable de n'être plus au premier rang, fut l'inspiratrice du complot. Les conjurés se saisirent de Constantin et, dans l'appartement de pourpre où il était né, le Porphyrogénète eut les deux yeux crevés : il ne survécut pas longtemps à cette cruelle mutilation. « Bientôt après, dit Théodore dans la vie de son oncle, l'empereur adultère, qui n'avait pas voulu avoir l'intelligence de faire le bien, fut enlevé de ce monde, afin que les rois eux-mêmes apprennent à ne pas violer les lois divines, à ne pas ourdir des persécutions impies et des captivités, tout honorés qu'ils soient de la pourpre souveraine*. »
Les moines revinrent donc de prison et d'exil et regagnèrent, de toutes parts, leur paisible monastère de Bithynie, grandis par la souffrance et la persécution, ceints de l'auréole des confesseurs, proclamés bienheureux et martyrs, même par ceux qui jadis les insultaient et les tournaient en dérision; le renom de Saccudion se répandit de plus en plus, et sur les lèvres de tous était glorifié Théodore*. On l'appelait