I. lamb
proches, voulant être, de loin comme de près, le gardien fidèle des saintes traditions monastiques et des plus humbles observances.
Mes frères et mes pères, disait-il un jour, peut-être avez-vous été contristés par ma dernière instruction et les observations faites à votre Fraternité; mais cela même est utile, car la tristesse selon Dieu produit la joie ; et une réprimande inspirée par l'affection rappelle au sentiment du devoir. Il nous faut donc supporter « la gloire et l'ignominie, la bonne et la mauvaise réputation » (II Cor. VI, 8) et n'être ni enorgueilli par la louange, ni abattu par le blâme. Et voilà que je vais recommencer le même discours. Lequel donc? Celui-ci : tous ceux qui sont au service de leurs frères doivent être pleins de zèle pour leurs fonctions : l'économe, le sous-économe, le cellerier, le cuisinier, le dépensier et les autres qui remplissent une diaconie ; qu'ils prennent garde à la menace de celui qui a dit : « Maudit celui qui fait avec négligence les œuvres du Seigneur » (Jérém. XXXI, lo). Mais que plutôt ils se rendent dignes de l'accueil promis au serviteur fidèle : « Bienheureux ce serviteur que son maître, lorsqu'il viendra, trouvera agissant ainsi. En vérité, je vous dis qu'il l'établira sur tous ses biens » (Matth. XXIV, 4^, 47)- Vous voyez quel honneur, quel grand honneur est accordé au bon serviteur ? Donc le serviteur mauvais subira le jugement contraire. Et c'estpourquoi, frères, je vous exhorte d'accomplir en conscience le ministère dont vous êtes chargés, pour lagloiredeDieu, et votre salut personnel. Quel'économedistribueà chacunles objets nécessaires, sans acception de personnes, sans préférence, avec affection, fraternellement. Que le cellerier ait soin de donner à ses frères une nourriture qui
témoigne de son désir sincère de réparer leurs forces; qu'il n'y ait rien de négligé dans son cellier, rien de gâté. Que le cuisinier soit exact à mettre tous les assaisonnements et condiments, et rapporter à Dieu son ministère. Que le dépensier nettoie bien les tables et tous les objets de service, servant ses frères comme le Seigneur. Et de même tous ceux qui remplissent les autres fonctions. Je ne dis pas cela, continue Théodore, pour exciter ceux que Ton sert contre ceux qui les servent, mais pour que chacun, selon sa vocation, accomplisse son ministère en vue de Dieu de qui il doit attendre sa récompense*.
Saint Théodore, bien souvent dans ses allocutions à ses moines, ou dans ses lettres, insiste sur la nécessité pressante, pour chacun d'entre eux, d'accomplir sans hésitation, sans murmure, sans réserve, toutes les obligations de sa charge ou delarègle commune. Or, saint Basile, que l'on se plaît h surnommer le patriarche des moines d'Orient, est le grand législateur monastique de l'Eglise grecque; ses discours et constitutions ascétiques, ses nombreuses épîtres surla vie religieuse, ses règles longues, ses règles brèves, ses lois pénitentielles étaient regardées comme le véritable code de tous ceux qui aspiraient à la perfection évangélique. C'est donc, pour tout moine, une absolue nécessité d'être fidèle à observer, « dans leur totalité, les règles ascétiques du grand et divin Basile, et non pas, seulement à moitié, comme font ceux qui prennent ceci et laissent cela, selon leur bon plaisir » . Saint Théodore rappelle souvent, presque à chaque conférence, cette obligation et le nom de Basile est sans cesse sur ses lèvres pour prêcher avec