‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 37 sur 94 · I. ly^o, u. 53-6o · texte numérisé non relu

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l'activité intellectuelle de THÉODORE. 71

et savait trouver le temps de s'appliquer encore à la calligraphie. Lorsque l'exil lui fait des loisirs inattendus, il les consacre à copier des livres, et ce travail console un peu et réjouit son âme. L'élégance de son écriture est célébrée dans son oraison funèbre par son disciple Naucrace, et son bio^^raphe nous îipprend que son activité dans ce genre d'occupations était infatigable et que l'on conservait précieusement quelques-uns des manuscrits dus à la plume de Théodore : « Ce sont, disait-il, des manuscrits de toute beauté. »

L'oncle de Théodore, saint Platon, qui vivait en reclus au monastère de Stude, se distinguait entre tous les moines de ce couvent pour son habileté dans l'art de la calligraphie. Et dans l'éloge funèbre qu'il fit à sa mémoire, Théodore pouvait dire de Platon : « 11 était très zélé pour le travail des mains et son habileté le rendait célèbre entre tous ou, pour mieux dire, le faisait semblable à l'Apôtre avec lequel il pouvait dire : « Pour les choses dont moi et ceux qui sont avec moi avions besoin, mes mains y ont pourvu (Act. XX, 34) », et je n'ai pas mangé mon pain sans avoir rien fait. Quelle main, en effet, ajoute Théodore, formait les lettres avec plus d'élégance que sa main? Y avait-il quelqu'un pour écrire avec plus d'ardeur et de soin? Avec quelle ferveur il s'appliquait à tout travail qui lui était confié! Qui pourrait compter ceux qui ont entre les mains les ouvrages, les opuscules qu'il a extraits des divins écrits des Pères, et qui sont si utiles à ceux qui les possèdent? Si nous avons une bibliothèque bien fournie, n'est-ce pas à son travail et à son habileté que nous en sommes redevables? Quand nous tenons ces livres entre nos mains, notre âme s'illumine et

nous sommes remplis d'admiration pour cette plume si féconde et si habile*. »

Ainsi, Théodore avait organisé dans son couvent de véritables ateliers de calligraphie, avec toute la prévoyance et toute la régularité nécessaires h Texécution irréprochable des manuscrits. La juste renommée des copistes qui, sous des noms différents, calligraphes, tachygraphes, oxygraphes, chrysographes, travaillaient à la reproduction ou h la composition des livres dépassa bientôt les limites du monastère, et de la capitale elle-même; de la Sicile et de Tltalie méridionale on devait, un jour, venir chercher jusqu'à Stude les livres dont les moines de ces provinces avaient besoin, et, ce qu'il est encore plus intéressant de noter, tel monastère de l'Italie byzantine adresse h ses religieux, sur le respect dû aux livres et le soin nécessaire aux calligraphes, les mêmes recommandations que saint Théodore, en empruntant les termes mêmes de la Constitution des Studites : « Si quelqu'un a reçu un livre et en prend peu de soin, s'il le laisse ouvert, s'il en arrache un feuillet, il sera puni d'une sévère pénitence. Même châtiment pour le calligraphe s'il ne copie point avec exactitude le manuscrit original, s'il ne reproduit point scrupuleusement les accents et les points, si par mauvaise humeur il brise sa plume, s'il endommage ou tache le manuscrit. »

Toutefois, malgré Tinfluence et la prospérité de l'école calligraphique de Stude, à peine pourrait-on, outre les noms de Théodore et de Platon, citer encore cinq ou six noms de calligraphes de cette école. Et encore les connaissons-nous plutôt par des

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