‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 38 sur 94 · I. Laitd. funeb,^ n. iG · texte numérisé non relu

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biographies que par la suscription mise au bas de leurs œuvres, car très rarement le copiste, s'il indique sa qualité de moine, la fait suivre de la désignation du monastère où il écrit. Mais plus ordinairement les moines copistes préfèrent demeurer entièrement ignorés du reste des hommes: il leur suffit d'être connus de Dieu, et volontiers, comme l'un d'entre eux l'écrivait, il leur arrive de dire à la fin de leur travail : « Qui a écrit ce livre? Dieu le sait. Pour qui? Dieu le sait encore. Grâces soient au Christ tout-puissant qui m'a donné son aide. » Parfois même ils cachent leur nom sous le pseudonyme de Théognostos (connu de Dieu) : tel est le nom de la plupart des calligraphes.

Mais si les noms demeurent cachés, des œuvres nombreuses sont arrivées jusqu'à nous, qui suffisent à témoigner d'une activité intellectuelle considérable, d'une noble et constante préoccupation, celle d'enrichir sans cesse le trésor de leur bibliothèque par la transcription des livres. Soucis érudits, dontTbéodore donne le plus magnifique exemple, et qui ont fait à l'higoumène de Stude et à ses moines après lui une si grande place dans Thistoire des lettres, et leur assurent aujourd'hui encore la reconnaissance et le respect ! Par exemple, les œuvres de Théodore, et spécialement ses catéchèses, se trouvent un très grand nombre de fois parmi les manuscrits de notre bibliothèque nationale ; il est permis de croire que beaucoup de ces copies sont dues à des moines de Stude. Et par l'étude attentive et la comparaison des manuscrits anonv mes avec ceux qui peuvent être datés et signés, on est parvenu à fixer, pour ainsi dire, trait par trait, les divers styles calligraphiques en honneur au monastère, c'està-dire l'ensemble des règles observées par les co-

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pistes pour les marges, les interlignes, la réglure, récriture, les initiales, les titres, les fins de chapitre, Tenluminure.

A côté des ateliers de calligraphie, Thigoumène de Stude établit des ateliers de peinture et de miniature, qui, bientôt, firent autorité parmi les peintres de la capitale. Il est certain que les règles à suivre furent tracées par Théodore avec le même soin minutieux que les autres détails des devoirs monastiques. Et non seulement l'attention que les artistes studites apportaient h la restauration des saintes images esî, signalée par les historiens, et leurzèle eutample matière à s'exercer après les dévastations des iconoclastes ; mais, ce qui est plus intéressant à remarquer, c'est que Théodore, d'accord en ceci avec saint Basile, attribue k la peinture une éloquence et une vertupersuasives, pareillesà celles des discours, et que, d'autre part, il revendique pour le peintre le droit de représenter l'image du Christ parla couleur ou autre procédé au même titre qu'il reconnaît aux Evangélistes le droit de retracer son portrait moral et ses vertus par l'encre et le papier. Il ne va pas toutefois jusqu'à admettre pour l'artiste le libre jeu de sa fantaisie, et une lettre fort curieuse nous le montre très sévère censeur des nouveautés iconographiques. Ayant appris qu'un ascète nommé Théodule avait peint, sur des verrières, des anges en croix à la manière du Christ, il l'avertit avec lesplusrespectueusesprécautions que de telles images sont contraires k la tradition de l'Eglise et qu'on ne trouve chez les Pères aucun exemple d'une semblable nouveauté. « Depuis longtemps, lui dit-il, je désire aller vous voir et m'édifiera vos saintes prières ; mais le voyage m'a été impossible jusqu'à présent à câuse de mes péchés, il m'est encore impos-

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sible aujourd'hui. Pardonnez-moi donc ce que je vais vous dire ; je le dirai en toute simplicité et charité, dans le désir que votre vie soit à l'abri de toute critique. D'excellents amis, sachant que je suis votre Irère, votre ami intime, votre fils, m'ont appris que votre sainteté avait fait une action peu raisonnable. A celte nouvelle, j'ai protesté de toutes mes forces, j*ai rappelé les vertus de votre vie sublime ; alors ils se sont élevés contre moi, ils m'ont cité de vous des paroles et des faits, et, pour tout dire d'un mot, ils vous accusent d'avoir peint des anges en croix à la manière du Christ, sur des verrières, et de les avoir peints ainsi que le Christ sous les traits de vieillards. Ils m'ont donné de nombreux renseignements sur cette affaire, et je n'ai pu les contredire. C'est là, disaient-ils, une innovation étrangère à la tradition de l'Eglise, et inspirée non par Dieu mais par son ennemi, puisque, depuis tant d'années, on ne peut attribuer aux Pères, inspirés de Dieu, aucun exemple d'une pareille nouveauté. Ainsi donc, votre innovation, eût-elle un ange pour auteur, ne devrait pas être tolérée*. »

Il y avait donc des traditions et des règles établies, que les peintres monastiques devaient fidèlement observer. Les saintes images, disaient les Pères du deuxième concile de Nicée, doivent être peintes non pointd'après les conceptions des artistes, mais d'après les lois et les traditions de l'Eglise catholique. Aux peintres d'exécuter, aux Pères de régler et d'ordonner. Saint Théodore ne parlait pas autrement et se chargeait de rappeler à un peintre trop personnel qu'il n'avait pas la liberté de suivre sa fantaisie. Rien

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