‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 39 sur 94 · I. Ép. I, i · texte numérisé non relu

I. Ép. I, i

n'était laissé au caprice de l'artiste, et, dans chaque atelier, les détails les plus minutieux étaient indiqués, fixant avec laplusscrupuleuseexactitude, pour chaque personnage à représenter, son costume, ses attributs, la couleur de ses cheveux, son âge, l'inscription à joindre au tableau ; les procédés de l'iconographie sont, pour ainsi dire, stéréotypés, et le moine peint, comme il vit, d'après des règles auxquelles il obéit invariablement. L'humble moine, comme le mosaïste éminent de Constantinople et de Thessalonique, comme le peintre athonite de nos jours, avait devant les yeux un modèle immuable qu'il reproduisait aveuglément avec une merveilleuse facilité, faisant son tableau toujours de la même façon comme l'oiseau fait son nid.

Or vient de voir combien Théodore, pour sa part, tenait à l'observation des règles établies, etl'on comprendra sa vigilance si l'on se rappelle quelle place considéiable les images tenaient dans l'Eglise grecque; non seulement elles étaient devenues une nécessité pour le fidèle qui les vénérait avec la plus profonde dévotion, mais encore leur présence à l'iconostase était indispensable à l'accomplissement intégral de la divine liturgie et des autres offices religieux. Modifier les types iconographiques, consacrés par le culte persévérant des générations, c'eût été mettre en péril, ou, tout au moins, inquiéter la foi simple et naïve du plus grand nombre. S'il est difficile de préciser l'époque où le canon de la peinture religieuse byzantine fut définitivement arrêté, on peut toutefois légitimement supposer que la plupart des sujets proposés aux peintres dans les ateliers monastiques et la manière de les traiter étaient invariablement fixés au temps de Théodore.

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