‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 45 sur 94 · I. Laud. funeb.y · texte numérisé non relu

I. Laud. funeb.y

Voyant qu'il n'avait plus rien à attendre d'eux, l'empereur les fit disperser dans les couvents de la capitale et des environs où ils furent étroitement gardés et souvent maltraités avec la dernière rigueur par des abbés qui désiraient, par ce zèle cruel, se concilier la bienveillance du pouvoir. « Arrestations, transportations, poursuites, enquêtes, séparations, relégations, colères et menaces, interrogatoires, et proclamations retentissantes à travers la ville de peur que quelqu'un de nos frères ne se cachât en quelque endroit* », c'est ainsi que Théodore dépeint la situation de ses religieux dispersés, et dont quelques-uns sont obligés de chercher leur salut contre les persécuteurs jusque dans les cavernes de la terre.

Toutefois cette persécution, si cruelle qu'elle fût pour Théodore en s'acharnant, non pas contre sa seule personne, mais contre son monastère tout entier et les œuvres qui s'y trouvaient en pleine floraison, n'abattit point l'âme intrépide du saint abbé. « Il ne s'agit plus maintenant, disait-il, d'une simple question de discipline ecclésiastique, la foi et les mœurs et l'Evangile lui-même sont battus en brèche. »

C'est alors qu'il tourne les regards vers l'évêque de Rome établi par le Christ défenseur de la liberté de son Eglise; il invoque, dans les termes les plus magnifiques et les plus touchants, le Siège apostolique, gardien de la pureté de la foi, juge suprême du jugement porté dans cette affaire par le synode de Byzance. Dans une première lettre adressée « au très saint et très grand Père des Pères, au seigneur Léon, pape apostolique, Théodore très humble prêtre et higoumène de Stude » disait* : u Puisque c'est au

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