‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 47 sur 94 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

REPRISE DE l'affaire DU DIVORCE. 93

le moine studite les accusations de schisme et d'hérésie. Toutefois le patriarche n'ayant encore envoyé au Pontife suprême aucun rapport sur la querelle, celui-ci ne pouvait prononcer un jug^ement en forme avant d'avoir pris connaissance des actes de ce concile tant discuté.

En attendant, lapersécution continuait pour Théodore et ses moines. Ils avaient été dispersés dans toutes les directions et jusque dans les provinces les plus éloignées. Il y en avait en Phrygie, enBithynic, en Macédoine, jusque dans la Chersonèse et même jusqu'aux îles Lipari au nord de la Sicile. Et presque partout ils étaient traités avec une incroyable rigueur. Théodore s'efforçait de les fortifier et de les soutenir par des lettres fréquentes, mais souvent elles étaient interceptées, bien qu'il eûtinventé, pour atténuer les risques, un alphabet convenlionnel. Son oncle Platon, accablé par l'âge et les maladies, languissait dans une cellule basse, pareille h une citerne, sous la garde de moines, ou plutôt de troupiers, au cœur sans miséricorde, qui lui refusaient les choses nécessaires à ses infirmités. Naucrace, l'économe de Stude, n'était pas mieux traité, v Vous voilà donc dans une seconde prison, mon fils bienaimé, lui écrit Théodore ; c'est une nouvelle honte pour ces hérétiques, mais pour vous un accroissement de combats et de mérites pour le ciel. Pour ces malheurs je dois gémir et pleurer, mais sur vous me réjouir et rendre grâce. Ne devez-vous pas être plus heureux, par ce nouvel emprisonnement, d'être devenu pareil à l'or deux fois éprouvé dans la fournaise ? Puissiez-vous pousser de solides racines, ô mon fils, et apparaître aux yeux du Seigneur notre maître comme un serviteur sans reproche, comme un

instrumenl utile, et prêt à tout ce qui est bien. » L'archevêque de Thessalonique, Joseph, frère tic Théodore, était exilé loin de son siège épiscopal, étroitement surveillé : on lui mesurait sa nourriture ! Mais son frère le félicite de souffrir pour la défense de la vérité et d'être devenu comme une colonne dans TEglise de Dieu, comme un flambeau éclatant dans sa ville de Thessalonique. « Donc pas de tristesse, mais bien plutôt la joie. Et moi aussi, ajoute Théodore, je me réjouis de la dispersion de mon humble monastère, parce que cette dispersion est pour Dieu. Je ne vous dis rien de mon geôlier : cet homme-là c'est l'ame damnée du prêtre Joseph. Ne cessez de prier instamment pour mon humble personne, ô mon bon et très saint frère et père*. » En réponse à une lettre qui l'avait informé de nouvelles souffrances infligées h ses moines, il écrivait à l'un d'eux : « Votre lettre, mon cher fils, vient de produire sur moi tout ensemble trois sentiments ; la stupeur, l'admiration, la louange ; stupeur à cause des impies, admiration pour les fidèles pieux, louange envers Dieu qui donne la force à ceux qui s'attachent à ses lois. De mon saint fils Athanase et de ses compagnons très désirés, de mon très courageux Théosostos et de ses dix-sept vaillants compagnons, je ne veux rien dire aujourd'hui en ayant assez parlé dans mes lettres antérieures : ils seraient dignes d'un plus long discours et de plus longues louanges, car ils ont lutté, ils luttent encore admirablement comme de vaillants athlètes. Mais j'arrive au but de cette épître. » Et Théodore raconte de quelle atroce flagellation fut victime, à Thessalonique, l'higoumène Euthyme demeuré fidèle à l'ar-

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