I. Ep. I
REPRISE DE l'affaire DQ DIVORCE. 95
levèque déposé, et, pour sa fidélité, frappe d'abord, dans l'église même de l'Archange, de deux cent soixante-six coups de fouet, puis, peu après, de •deux cents coups de nerfs de bœuf. Le sang répandu sur le pavé du temple rougissait les pieds des assisants ; le moine gisait presque sans vie et sans voix, et les bourreaux le pressaient encore de faire mémoire (le son tyran, je veux dire de l'archevêque intrus; mais il refusa toujours, et demeura inébranlabledans a résolution, pour ainsi dire jusqu'à la mort, sans ien céder de l'orthodoxie. Après avoir décrit, en (I tail, cette scène tragique, Thigoumène de Stude conclut par ces mots : « Est-il rien de plus impie ? In orthodoxe fit-il jamais à un hérétique pareil traitement ? On peut voir par là ce qu'est l'impiété des Mœchianiens, et de qui chacun est le disciple : il est disciple du Christ celui qui reçoit les coups comme le Christ; celui (|ui les porte est le disciple de Satan. Voyez donc, ô Seigneur, Seigneur, ces misères affreuses, et épargnez votre peuple, en rendant à notre Eglise la paix avec l'orthodoxie \ »
La situation des moines orthodoxes était, on le voit, douloureuse entre toutes, et parmi ceux-ci les moines studites avaient l'honneur d'être au premier rang des victimes choisies par les vengeances impériales ; ils devaientcette préférence à leur chef Théodore qui s'était courageusement levé contre l'évangile impérial et proclamait que le devoir de l'ordre monastique est de veiller à l'intégrité de l'Évangile; mais ils la devaient aussi à un habile calcul du pouvoir : l'empereur n'avait pas voulu envoyer en exil ou renfermer en prison la foule des réfractaires, afin de