‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 52 sur 94 · OI · texte numérisé non relu

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lèmes s'il est juste de vous obéir plutôt qu'à notre Dieu » (Act., IV, 19). Et encore : « Il faut obéir à ieu plutôt qu'aux hommes ». (Act., V, 19) Voilà ce que ces higoumènes auraient dû dire, ou autres lioses pareilles, afin de glorifier Dieu et d'édifier s orthodoxes, afin d'affermir leurs moines et de conforter ceux qui souffrent persécution. Mais urquoi préférer leurs monastères à Dieu lui-même? et la jouissance de ce monastère aux épreuves endurées pour la vérité? Où rencontrer celui^qui dit : « Je 3rendrai la parole en présence des rois et je ne serai pas confondu » (Ps. CXVIII, 46), et encore : « Voici que je ne fermerai pas mes lèvres, ô Seigneur, vous e savez » (Ps. XXXIX, 10).... Ils disent, il est vrai, ces higoumènes : « Qui sommes-nous pour parler? » D'nbord ce sont des chrétiens, et c'est une obligation, à ce titre, de rompre le silence; ce sont des moines, que rien de ce qui arrive ne doit surprendre à {'improviste, qui ne doivent être ni enchaînés, ni dominés par les liens du monde; ce sont, de plus, des higoumènes qui doivent écarter des autres le scandale et ne donner eux-mêmes de scandale en aucune chose « afin que notre profession ne soit point décriée » (II Cor., VI, 3). Quel scandale et quel sujet de blâme, ou plutôt quelle faiblesse, à donner leur signature! Si le silence est une part de consentement, quel mal plus grand quand on le promet par écrit en présence de toute l'Eglise! »

Ainsi, non seulement Théodore se refuse pour luimême au silence que l'autorité impériale voudrait lui imposer, mais il blâme sans réserve tous ceux qui ont eu la faiblesse de céder au désir du prince. Pas plus dans cette nouvelle phase de l'iconoclasme renaissant, que dans la question du divorce impérial,

Théodore n'accepte Tingérence du pouvoir civil, même si elle s'exerce pour commander le silence.

Et de la même manière que Ton a vu saint Théodore résister de toutes ses forces aux entreprises des empereurs « mœchianiens», il continuera à s'opposer aux prétentions doctrinales des empereurs iconoclastes; commesaint Jean Damascêne, le grand champion de l'orthodoxie au siècle précédent, on le verra, sanstrêve ni repos, affirmer et réclamer, pour l'Eglise, le droit déjuger des questions de foi, en toute indépendance et liberté, sans aucune ingérence du pouvoir impérial : si les princes ont toute autorité daus le domaine séculier, il ne leur appartient pas de décider « des dogmes célestes et divins » confiés aux apôtresetàleurssuccesseurs. Au milieu de ses combats de vingt années, il est dirigé par cette grande et noble pensée; elle donne un indéniable caractère d'unité h son admirable existence de lutteur infatigable ; c'est elle qui fait de Théodore le chef de toute l'armée catholique, et non seulement de tous les moines de son couvent, maisde la plupart de ceux de la capitale et des environs, ainsi que des orthodoxes de l'Empire tout entier.

Après quelques tentatives pour amener à son parti le patriarche Nicéphore, Léonl'Arménien, voyant qu'il perdait son temps et sa peine, le fit déposer par un synode d'évêques gagnés au sentiment impérial, et l'exila par delà le iîosphore dans un monastère, en mars 8i5 ; on fit monter à sa place sur le trône patriarcal de Byzance un officier favori de Tempereur, Théodote Cassitéras; et pendant vingt-sept ans le siège de Constantinople fut sans interruption occupé par trois patriarches iconoclastes. L'higoumène de Stude, à la nouvelle de la courageuse résistance de

Nicéphore, laisse éclater son admiration et sa joie. « Salut, ô vous qui triomphez véritablement de Timpiété et achevez sur le quadrige des vertus la course de la foi; salut, ô brillant soleil de l'orthodoxie, qui éclairez le monde par l'éclat de votre confession radieuse ; salut, ôchampion delà vérité, qui, à l'exemple des saints d'autrefois, vous êtes distingué par d'éminentes vertus. Vous avez quitté votre trône pour la cause de celui « qui s'est humilié jusqu'à la mort et la mort surla croix» (Philip., II, 8) ; vous avez quitté les servitudes et les honneurs de la dignité patriarcale, préférant les épreuves d'un confesseur de la foi aux jouissances passagères du péché. Je ne parle pas des opprobres que vous avez soufferts, à la façon du Christ, de la part des puissants : poursuites, railleries, embûches, étranglements. On vous a emmené pendant la nuit, avec le Christ, on vous a trahi, expulsé, relégué parmi les collines, ô martyr du Christ\ »

Mais Théodore ne se contentait pas d'écrire et de parler, il agissait. Il était de ceux qui pensent que la liberté ne se demande pas, mais qu'elle se prend et que c'est mal la défendre que de pleurer sa perte sans rien faire pour la recouvrer. Le dimanche des Rameaux, il organise, autour de son monastère, une procession solennelle, en l'honneur des saintes images proscrites par le caprice impérial. Chacun de ses mille moines portait entre ses mains une icône et tous chantaient le cantique « Nous vénérons votre image sainte, ô bienheureux », par lequel déjà au siècle précédent les confesseurs de la foi catholique avaient proclamé leur culte pour les images. Cetteaudacieuse manifestation, qui bientôt fit l'entretien de toutCons-

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