‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 55 sur 94 · I. Ép. II, 38, nag · texte numérisé non relu

I. Ép. II, 38, nag

de voir ainsi les églises de Dieu dépouillées de leur narure et défigurées! L'Arabe lui-même qui vous opprime aurait montré sans doute plus de pudeur et plus de respect du Christ. Hélas! comment ne pns verser de larmes? Parmi nos frères, les uns ont subi répreuve des insultes et des flagellations; d'autres !es chaînes et la prison, avec un peu d'eau et du pain; les uns sont condamnés au bannissement, 'Tautres sont réduits à vivre dans les déserts et les

iiontagnes, dans les grottes et les cavernes de la terre; plusieurs après avoir été fustigés s'en sont allés, comme des martyrs, vers le Seigneur. Il en est qui furent enfermés dans des sacs et, pendant la nuit, précipités à la mer.

« Que dirai-je encore ?Les délateurs, les faiseurs de rapports sont payés exprès par le gouvernement pour

(mir raconter si quelqu'un a parlé contrairement au bon plaisir de César, et comment, et où cela; s'il ne participe pas a l'impiété, s'il possède chez lui un livre parlant des images, ou une image elle-même; s'il accueille les bannis, s'il rend service à ceux qui sont en prison pour le Christ. Est-on pris sur le fait, aussitôt on est enlevé, fl;»gellé, exilé : aussi voit-on des maîtres se jeter aux pieds de leurs esclaves dans la crainte d'être dénoncés par eux. »

Ailleurs encoie, Thigoumène de Stude ajoute : « Les vases sacrés sont fondus, les vêlements sacrés livrés aux flammes avec les peintures et les livres concernant les images. On fait des enquêtes, on interroge de maison en maison, on menace, ou terrifie afin que nulle image n'échappe à Thérésie. Les prêtres s'écartent de la loi; des mornes qui ne sont pas des moines se déclarent contre ceux qui portent leur habit ; les disciples s'élèvent contre leurs higoumènes,

et obtiennent le siipérioiat en récompense de lenr apostasie. Celiû qui se distingue dîivantage par sa fureur contre le Christ est jugé digne aussi de plus d'honneurs. Mais pour ceux qui résistent, les fouets, les chaînes, les prisons, les tortures de la faim, l'exil, la mort. Il n'y a plus qu'un souci : contraindre tout le monde à céder. La persécution que nous souffrons dépasse toutes les persécutions des barbares*. »

Au milieu des angoisses dont il est accablé, Théodore ne manque pas de tourner ses regards vers le Siège de Rome. On l'a vu, dans la querelle du divorce impérial, demander lumière et conseil « au pape apostolique » ; au début de la persécution déchaînée contre les amis des saintes images, il écrit en son nom et au nom de plusieurs abbés de la capitale au pape Pascal, non pas tant pour l'informer de la situalion des catholiques de Bjzance que pour implorer son intervention contre les (auteurs de Thérésie.

« Votre suprême Béatitude, dit Théodore, a sans doute appris quels malheurs nos péchés ont attirés sur notre Eglise. Nous sommes devenus, pour parler comme l'Ecriture, l'entretien et le proverbe de toutes les nations; mais peut-être ne vous a-t-on pas encore renseigné complètement par lettre. C'est pourquoi nous, humbles moines, et les derniers parmi les membres du Christ, comme notre chef est captif et que les premiers parmi nos Pères sont dispersés ça et là, nous avons pu, grâce à notre voisinage et à notre entente commune en esprit et en paroles, vous écrire celte lettre, quoique ce soit bien audncieux. Écoutez-nous, ô Chef apostolique, préposé par Dieu pour être le guide des brebis du Christ, portier du

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