I. Ep. II
qu'il continue à mettre en garde contre leur propre faiblesse, et les séductions des richesses et de l'ambition.
Celui des disciples de Théodore dont la défection nous app. irait la plus lamentable estle moine Léonce. Pendant la querelle sur le divorce impérial, il avait abandonné son higoumène et pris parti pour les « Mœchianiens » ; dès le début de la lutte contre les saintes images, il s'était rangé de nouveau du côté du pouvoir civil et était devenu l'un des chefs des iconoclastes. Léon l'Arménien avait récompensé son zèle en lui donnant 1 higouménat des deux monastères de Stude et de Saccudion à la place de saint Théodore condamné à l'exil. «Vous connaissez tous quel est Léonce : autrefois mon disciple, aujourd'hui renégat judaïsant ; jadis parmi les plus éminentsdenos frères, mnintenantélablijugesuprème contre ses frères; quijadis nedisaitpas, tout simplement, «< une image » mais « une sainte image » du Christ, de la Mère de Dieu ou des saints, et qui maintenant les brûle et les anéantit, en blasphémant comme une bête furieuse. Voilà pourquoi il est devenu cher au prince, il commande à nos monastères, et faittout, le malheureux, pour outrager le Christ \ > Léonce, en effet, ne rougissait point de torturer ceux des frères Studites qui étaient demeurés dans la capitale; à trois de ces victimes, Théodore ne manque point d'adresser ses joyeuses félicitations : « Salut dans le Seigneur, mes frères et mes pères; salut, soldats du Christ; salut, trinité de frères comblés des grâces de la sainte Trinité, vraiment dignes de cette salutation, car vous supportez généreusement pour le
I, Ep. II, 37, 1229.
Christ la plus terrible prisoi), et les vexations de ce misérable Léonce. Oh! (juclle apostasie judaïque ! Si c'était une bête fauve, elle se serait rassasiée de verser si longtemps par ses mauvais traitements, et de boire votre sang. Mais non, ce buveurde sang, farouche démoniaque, demeure insatiable ; il n'a plus aucun sentiment de pitié, aucune compassion humaine pour vous, les agneaux du Christ, mais il vous a3c;ible, il essaie par tout mo^en de vous engloutir avec Satan, pour rejouir le dragoninfernal, et par votre exemple de nous effrayer tous : mais c'est en vain*. »
Et Théodore ajoute, bien humblement : a Ah ! malheur à moi ! car sa conduite est pour moi un objet de confusion et de moquerie. Que Dieu le convertisse par vos saintes prières, et m'affermisse, pécheur que je suis, dans sa crainte! »
Lors(|u'il apprenait quelqu'une de ces chutes, si douloureuses à sa foi ardente, si cruelles h son cœur de père, ou seulement les combats où devaientlulter ses fils dispersés, et tous les pièges tendus à leur fidélité, comme le saint eût voulu se trouver auprès d'eux pour les empêcher de tomber, les soutenir ou les relever, même au prix de sa vie ! C'est ainsi que, dans l'une de ses plus touchantes catéchèses, après avoir rappelé l'exemple du Sauveur descendu sur la terre pour racheter l'homme de l'esclavage du démon, pour chercher la drachme perdue et dissiper les ténèbres du péché, saint Théodore disait : « Ilestdonc nécessaire que moi, humble moine, je suive l'exemple du Seigneur et que je travaille pourchacunde vous, et que je vous fasse mes exhortations, et que je donne ma vie même. Ah ! que n'ai-je des ailes, pour m'en-