‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 70 sur 94 · I. Ep. II, 90, i34o · texte numérisé non relu

I. Ep. II, 90, i34o

de la justice, et digne encore de beaucoup d'autres qualifications, parce que, à l'exemple du Christ, il rapproche les dissidences, guérit les maladies, console la tristesse : règne vraiment exceptionnel, et comparable aux plus heureux d'autrefois; la langue humaine pourrait malaisément le combler d'assez d'éloges. »

Après ce pompeux début, dont l'emphase plaisait peut-être aux « divines » oreilles du César byzantin, mais nous semble quelque peu étrange sur les lèvres d'un saint, Théodore expose enfin sa requête. « Puisqu'il en est ainsi, nous vous prions et conjurons, nous, indignes, de nous juger dignes de voir votre « divine * personne, d'entendre la voix très agréable de votre vénérable bouche savante es choses divines. Mais, puisque nous avons une seconde raison de vous voir, c'est afin de vous parler de notre foi sincère, inviolable de chrétiens; nous osons vous assurer respectueusement que s'il s'agissait d'une affaire temporelle, qui dépende de notre très saint patriarche ou de nous, nous devrions céder, et non seulement céder un peu, mais céder tout : ainsi l'ordonne le précepte. Mais quand il s'agit de Dieu même, de Dieu à qui tout l'univers est soumis, personne, ni celui-ci, ni celui-là, pas même Pierre ou Paul, pas même l'un des Anges n'oserait innover si peu que cela soit, car cette innovation ruinerait l'Evanirile tout entier. Quant à entrer en conférence contradictoire avec les hétérodoxes, le précepte apostolique le défend. Et c'est pourquoi nous, les indignes serviteurs de votre pieuse royauté, nous n*osons pas seulement leur dire un mot. » « Que s'il est quelque point que votre divine magnificence hésite ou refuss de faire résoudre pai notre patriarche, ordonnez, dit

Ikk SAINT THÉODORE.

Théodore, que Ton reçoive Texposilion de foi envoyée de l'ancienne Rome, suivant qu'il a été pratiqué de tout temps par nos pères. Car cette E<^lise, ô empe- ^ reur imitateur du Christ, est la première de toutes i les Eglises de Dieu, Pierre est son premier évêque, Pierre à qui le Seigneur a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » Telle est, conclut Théodore, la demande de vos humbles serviteurs; telle est notre bien humble et pressante exhortation. ' »

L'empereur accorda l'audience, qui restait le seul espoir des catholiques, mais elle fut loin d'avoir les heureux résultats que l'on en attendait. En vain les évoques, prêtres et moines qui furent admis en présence du basileus le prièrent-ils de faire au Christ ce don de joyeux avènement de relever dans l'Eglise le culte des saintes images, conformément aux antiques traditions; en vain, Théodore, invité, à la suite des évêques, à dire son sentiment, montra-t-il qu'il serait facile de faire triompher la vérité, l'empereur se contenta de répondre : « Vos discours sont excellents, mais puisque, jusqu'à ce jour, je n'ai vénéré aucune image, je veux laisser l'Église telle que je Tai trouvée. Je vous permets de suivre sans crainte les dogmes de la foi que vous appelez orthodoxe, mais point toutelois dans la ville de Constauiiuople; allez ailleurs, où vous voudrez, vous n'aurez à craindre aucun danger de notre autorité. »

Ainsi donc, l'empereur défendait de vénérer le.s images dans la capitale, mais il le permettait dans les provinces. Erreur et crime en deçà des murs de

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