‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 71 sur 94 · Ép. Il, 864 iSag · texte numérisé non relu

Ép. Il, 864 iSag

la ville, vérité et œuvre méritoire au delà. Il ne restait plus à Théodore qu'à sortir au plus tôt de Byzance. Il revint donc sur-le-champ retrouver ses disciples, au bord du g^olfe deNicomédie, àCrescentios, et reprit avec eux les exercices et les travaux de la vie monastique. Et, de son côté, Tempereur donnait, de plus en plus, des gages au parti iconoclaste; il ne voulut ni s'en remettre à la décision de Rome, ni rétablir Nicéphore sur le siège patriarcal de Byzance, mais, le patriarche intrus Théodote étant mort cette même année 821, il éleva sur le siège de Constantinople un autre ennemi des images, Tévêque Antoine de Sylée. Toutefois, comme l'un des généraux de Michel et son compétiteur au trône s'était révolté contre lui, ravageant l'Asie Mineure et venant mettre le siège devant la capitale même, l'empereur ordonna aux moines de rentrer à Constantinople « non pas, dit le biographe de Théodore, par ménagement pour eux, mais dans la crainte que quelques-uns ne se rangeassent aux côtés de Thomas qui passait pour être favorable au culte des images ». Pendant le séjour de Théodore à Constantinople, qui se prolongea environ deux années, jusqu'à la mort de Thomas, 823, le prince essaya vainement de le décider à une conférence avec les iconoclastes. L'higoumène ne fit pas d'autre réponse que celle qu'il avait opposée déjà à la première tentative de ce genre. « Il ne s'agit pas de choses humaines et temporelles, dont les rois ont pouvoir de juger ; mais il s'agit de dogmes divins et célestes qui ont été confiés à ceux-là seuls à qui Dieu le Verbe même a dit : « Tout ce que tu lieras sur la terre, sera lié aussi dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre, sera aussi délié dans les cieux. » (Matth. xvi, 19). Et qui sont ceux

qui ont reçu ce pouvoir? Les apôtres et leurs successeurs. Et quant aux empereurs et aux souverains, >, leur rôle est de donner leur concours et leur appro- bation à ce qui a été décrété. Aucun pouvoir ne leur i a été accordé par Dieu sur les dogmes divins, et i s'ils Texercent il ne subsistera pas. » Et de nouveau i Théodore donna le conseil d'envoyer à Rome, de part et d'autre, chercher la solution définitive, car, à Rome, « on trouve la certitude de la foi* ».

De plus, dans une longue lettre aux empereurs « très pieux et très religieux >» , Michel et son fils Théophile, le moine de Stude après avoir, une fois encore, très nettement repoussé le principe d'une conférence contradictoire avec des iconoclastes et devant des juges qui n'ont pas reçu l'autorité du Saint- Esprit, expose la doctrine catholique sur le culte des saintes images et les fondements qui l'établissent ; « la doctrine, annoncée depuis le commencement des âges, proclamée par les saints conciles, acceptée par toutes les Eglises de l'Orient et de l'Occident, de la mer et du Septentrion* ». Mais ce plaidoyer épistolaire de Théodore auprès des empereurs demeura aussi inutile que toutes les autres tentatives, et, lorsque la révolte de Thomas eut pris fin, il se hâta de quitter Constantinople et vint se fixer à Saint-Tryphon dans la presqu'île d'Acritas, à quelque vingt-cinq milles de la capitale. De cette nouvelle résidence, l'illustre banni ne cesse de réconforter les catholiques. Par sa parole et par ses lettres, il soutient leur courage; on vient le visiter bientôt en foule, et non seulement de la capitale mais des régions les plus lointaines; ses discours ont « la dou-

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