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ceur et la saveur du miel et poussent suavement les âmes à la vertu », sa bénédiction est un gage de progrès dans la piété et la perfection. Les plus saints évêques, la plupart des higoumènes, des moines éminents veulent le voir et prendre ses avis. Si quelqu'un témoigne à Théodore ou à ses moines de l'intérêt et du dévouement, leur vient en aide par la parole ou l'aumône ou par l'aiïection du cœur, les iconoclastes essaient de le tourner en dérision en l'appelant « Studite » ; mais, celui qui est marqué de ce surnom glorieux, dont les ennemis de la foi catholique prétendaient faire une intolérable injure, y trouve son plus beau titre de gloire devant Dieu et devant l'Église. Le patriarche détrôné, saint Nicéphore, comblait le moine des témoignages de son admiration, rappelait volontiers les grands services rendus par l'intrépide lutteur à la cause de l'orthodoxie, ses exils répétés, son emprisonnement, ses flagellations, toutes les souffrances endurées pour l'Église de Dieu ; dans une assemblée de métropolites et d'évêques, il donna le pas sur tous au vaillant confesseur de la foi et voulut qu'il prît place sur le même siège que lui-même : « cédez, mes frères, disait-il, la première place à notre père qui a tant combattu et souffert. Car celui qui a donné plus de preuves d'amour à notre commun Maître, mérite davantage, comme le dit le Seigneur dans l'Evangile. Et de même qu'il y a diversité dans la vie des saints, de même il y a diversité de récompenses. S'il en est ainsi auprès de Dieu, nous, humbles mortels, pourrions-nous agir autrement? »
Ainsi donc le patriarche et Théodore, exilés tous deux pour la foi, et séparés pour jamais l'im de son siège épiscopal, l'autre de son monastère jadis si
florissant et si paisible, se consolaient du passé et préparaient courageusement l'avenir. Les persécutions violentes de Léon l'Arménien, la conduite d'abord plus douce, puis bientôt dédaigneuse et enfin netteinent hostile de Michel II envers les catholiques, n'avaient rien pu changer dans l'état d'âme de ces deux intrépides lutteurs. Si « l'hiver », ainsi que disait Théodore, avait paru, quelque temps, prêt h finir, ce bel espoir ne s'était pas réalisé, et l'higoumène se voyait contraint de préparer de nouveau ses disciples à des luttes prochaines : Etre prêts toujours, ne laisser jamais le pouvoir civil juge des questions doctrinales, pas de conférence avec les hérétiques, résister jusqu'à la mort : telles sont les suprêmes recommandations qu'il adressait à ses moines, la dernière ou avant-dernière année de sa vie. « Mes frères et mes pères, leur disait-il, notre préparation à la lutte n'est pas une chose vaine. Si, en effet, bien que nous nous préparions, les moindres rumeurs répandues dans la ville nous troublent et nous effrayent, combien davantage faudrait-il craindre si nous n'étions pas préparés. C'est pourquoi je dois vous adresser la parole, et vous préparer afin que, Dieu aidant, nous soyons heureux dans les combats qui vont s'engager. Qu'est-ce donc qui se dit?
« Après le synode déplorable qui fut tenu en hâte pour le renversement de la foi, après l'anathème jeté à nos bienheureux Pères, après une persécution de douze années, après plusieurs exils et confiscations, après la prison et les liens, après les flagellations et les morts et l'agitation semée dans tout l'univers, comme si rien de nouveau ne s'était passé, nous allons être arrachés d'ici par les princes pour une conférence avec les auteurs de l'impiété; et de plus,
nous aurons pour juges et arbitres des paroles échangées des magistrats civils qui n'ont pas le droit d'examen sur les affaires ecclésiastiques, comme le dit saint Grégoire le Théologien ; loin de nous donc de les accepter pour juges des dogmes divins! »
Et Théodore cite un passage de saint Matthieu, un autre de saint Paul, un troisième de l'Epître de saint Ignace, évêque de Smyrne. Puis il ajoute : « Chacun des saints atteste la même vérité. Cela établi, oserions-nous enfreindre les divins commandements en nous prêtant à des conférences contradictoires ? Non assurément, et pas même sôus menace de mort. Voilà pourquoi, ô frères, nous les repoussons absolument.... Pour vous, puisque vous êtes les soldats du Christ, revêtus des armes de votre foi, soyez fermes et inébranlables. Nous avons pour combattre avec nous le Seigneur tout-puissant, maître du monde; il nous soutient dans toutes les épreuves qui nous viennent des hommes : « Ayez confiance, nous dit-il, j'ai vaincu le monde » (Joan., XVI, 33).
Ces conseils, si courageux et si nets, Théodore né les adresse pas seulement à ses moines, il les donne à tous ceux qui le viennent consulter; il prépare et dirige la résistance, éclaire les doutes, soutient les âmes hésitantes ou fatiguées de la lutte ; h l'âge de soixante-cinq ans, il reprend encore le chemin de l'Olympe de Bithynie, pour se concerter avec les moines de la montagne sur la défense de la foi et résoudre sur place les difficultés survenues entre plusieurs d'entre eux. Le pluscn vueparmiles ascètes du mont Olympe était, sans aucun doute, saint Joannice, dont les prières et les vertus éclatantes exerçaient