I. Cat., 127, 44i
autour de lui la plus bienfaisante influence. Un autre ascète de la même région, l'ermite Théoctiste, s'y faisait au contraire remarquer par la singularité de ses opinions tliéologiques.La foule des moines s'était divisée à ce sujet, il s'était formé deux partis se traitant l'un et l'autre de schismatiqueet s'excommuniant tour à tour. Théodore, passant à Brousse trois ans auparavant, à son retour de Smyrne, avait appris ces divisions et avait écrit à Théoctiste mais sans recevoir jamais de réponse. Cette fois il charge Joannice de voir Théoctiste, de l'interroger, de l'instruire. De son côté, si l'ermite paraît disposé à écouler la parole de Dieu, Théodore lui écrira de nouveau, et peutêtre, tiré ainsi de deux côtés, celui qui était perdu serait-il gagné à Dieu. Théodore écrivit à Théoctiste*, lui demandant d'exposer par écrit les points de doctrine sur lesquels il avait été accusé. L'ermite envoie la profession de foi réclamée par l'abbé, et celui-ci l'examine par le détail dans une lettre qui nous a été conservée, et qui est curieuse, car elle nous fait connaître les rêveries théologiques qu'on reprochait à Théoctiste. « D'abord, sur la sainte Mère de Dieu : On affirme que vous disiez : « La Vierge a existé avant tousles siècles ». Vous niez le dire et le penser, et vous confessezqu'elie estnée d'un homme et d'une femme, Joachim et Anne : c'est bien. Secondement, sur le i Seigneur : « Il n'a pas été crucifié ! » Puisque vous ! confessez qu'il a été crucifié selon les Saintes Ecri- r tures, c'est bien. En troisième lieu : sur les anges et t les démons : « Après le jugement, ils seront replacés i dans leur premier état : il n'y aura qu'un seul troupeau et un seul pasteur ». Puisque vous le niez et '