‹ Saint Théodore (759-826)Chapitre 74 sur 94 · I. Ép. II, 128, i · texte numérisé non relu

I. Ép. II, 128, i

juevous confessez l'éternité de la damnation et du oyaume du ciel, c'est bien. Quatrièmement : sur les moines : a Chacun d'entre eux peut délivrer du châtiment cent cinquante damnés». Puisque vous le niez et dites que, après la mort, il n'y a plus de place pour le repentir, et que personne ne peut être délivré du châtiment infligé par Dieu, c'est bien. Cinquièmement, sur le livre dit « livre d'Antoine » vous auriez dit qu'il fallait le recevoir : il contient de nombreux blasphèmes, comme moi-même je l'ai constaté en le lisant. Vous confessez que vous le rejetez comme étranger à l'Eglise, vous ne l'avez plus, vous ne le lisez plus, ni vous, ni ceux qui sont avec vous ; c*estbien. Béni soit Dieu, qui vous purifia de tous ces scandales ; béni soit son nom glorieux qui vous persuada de déclarer que vous étiez un rustique et un ignorant, que vous cédiez en tout, que vous obéissez aux paroles de mon humilité. »

Et, Théodore, faisant ensuite une brève exposition de la foi cathohque, demanda à Théoctiste d'y souscrire de sa main. « Et ainsi la paix de Dieu, qui dépasse tout sentiment, vous gardera, nous unira les uns et les autres en un seul esprit et un seul cœur, pour l'honneur de la Sainte Trinité, le salut de nos âmes et celui de la multitude divisée en deux partis, en face de notre père spirituel Joannice et de vous, notre vénéré père et frère ^ »

Si le moine Michel, biographe de saint Théodore, parle du voyage au mont Olympe, il ne dit rien de ses entretiens avec saint Joannice. JMais les historiographes de Termite nous ont appris le sujet dune de ces conférences ascétiques. Autour de Joannice se

T. Ep. II, i66, i5a5.

trouvaient Théodore et son disciple et secrétaire Clément, des évêques et des moines; la pieuse assemblée se demandait quelle est la plus excellente des vertus. Pour les uns, c'était la charité, pour d'autres la prière, l'aumône ou le soin des étrangers et des malades. Mais Joannice, prenant la parole, montra quec'élail l'humilité la plushautede toutes les vertus. Car « c'est pour ne l'avoir pas eue que Lucifer fut jeté 1 dans les ténèbres ; que le premier homme fut chassé du paradis terrestre ; c'est, par elle, que le Verbe de Dieu, prenant notre nature humaine, nous a rendu l'entrée du paradis; c'est par elle, que, chaque jour, il procure la rédemption des pécheurs*. »

L'ermite du mont Olympe, on le voit, ne parlait pas i i autrement que Thigoumène de Stude de cette vertu, , j qui est la base et le fondement de toutes les autres, il

Le voyage de saint Théodore à la montagne des j moines paraît bien avoir été le dernier.

Les fatigues de l'âge, les souffrances et les privations de douze années d'exil consécutif, la prison, les tortures, un travail sans relâche, de continuelles mortifications etune maladie chronique d'estomac avaient affaibli, par degrés, la santé de Théodore ; sa maigreur, la pâleur de son visage, sa haute stature sèche et osseuse le faisaient ressembler à un Ions: cadavre au milieu des vivants. Les trois premiers jours de novembre 826, il ne put se lever de son lit ; toutefois, il conservait assez de vigueur et surtout assez de volonté pour dicter h l'un de ses moines la catéchèse qu'il devait adresser à la communauté. Le quatrième jour, qui était un dimanche, le malade put se lever et lire lui-même la catéchèse qu'il avait dictée

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