ECCLI.«XLIII
L'œil ne se lasse pas d'admirer l'éclai de sa blancheur.
h I cojnbienest belle et éclatante la génération chaste! Sa mémoire est immortelle, et sa renommée va du ciel à la terre.
A cette exclamation inspirée répondent, dans la vision apocalyptique de l'Apôtre saint Jean, les cantiques des âmes vi^irges, qui forment au ciel le cortège de l'Agneau.
Au premier rang de cette génération sainte, brille le Patron des écoles catholiques. Ce n'est pas en vain qu'il est appelé Docteur Angélique . Homme vraiment céleste, innocent dans son enfance, pur en son adolescence, athlète de la chasteté, honoré de la visite des Anges, ceint par eux d'un mystérieux cordon, déclaré leurégal, et confirmé, pour ainsi dire, dans la virginité, il mérite à tous égards d'être proposé à Timitation des jeunes chrétiens, avec les Louis de Gonzague et les Stanislas de Kostka, qui se faisaient gloire eux-mêmes de suivre ses traces.
Mais il faut au lecteur autre chose que des affirmations ; consultons les monuments de l'histoire sur Tangélique pureté de saint Thomas d'Aquin.
« Le saint Docteur avait lu que la Sagesse nentî^era point dans une âme affectionnée au mal, et n habitera point dans un corps soumis au péché. Aussi s'efforça-t-il constamment de posséder la pureté de Tespritet ducorps; etcomme ilsavait que l'homme ne peut l'obtenir en vertu de son mérite, il pria Dieu de lalui accorder par un effet de sa libéralité infinie II est certain que le don de virginité lui fut conféré, ainsi que le prouve la vision qu'il eut dans sa prison, lorsque deux Anges lui apparurent. Cette pureté admirable est attestée par Frère Raymond Sévère, du même Ordre, lequel déclara par serment, à diverses reprises, qu'étant à Paris^ dans le couvent d'études avec Frère Thomas, il ne se rappelait pas, pendant les sept années qu'il avait passées avec lui dans la plus étroite liaison, l'avoir entendu s'accuser au saint tribunal ce la moindre faute contre l'aimable vertu ; c'est à peine si parfois son âme avait été effleurée par quelque vague pensée venue des sens. Or, durant tout ce temps, ces deux Religieux se communiquaient les secrets de leur conscience, et par la fréquente absolution se préparaient l'un l'autre à la célébration des saints Mystères.
« A ce témoignage s'ajoute l'affirmation de son dernier confesseur. Frère Réginald de Piperno, qui mérita d'être le compagnon et le témoin de toute sa vie. Ce Religieux déclara plusieurs fois et à diverses personnes que la confession du saint Docteur ressem-