ANGÉLIQUE PURETÉ. I
blait, vers la fin, à la confession d'un enfant de cinq ans, dépourvu de toutemalice. »
Cette pureté sans tache fut révélée en outre au Frère qui eut la vision du filet d'argent.
« Comme ce Frère retournait à la cour pontificale pour presser la canonisation du serviteur de Dieu, il fut retenu par suite d'une furieuse tempête, dans le port d'Astura. Pour se consoler du retard, il demanda au saint Docteur quelque révélation touchant les secrets de son admirable vie. Après avoir prié dévotement et avec larmes, il s'endormit vers l'aurore, et le bienheureux Thomas lui apparut. Il portait les traits de l'âge mûr, comme à Tépoque de son trépas. Le Frère dans l'étonnement, s^adressant à un autre Religieux que le Docteur avait reçu dans TOrdre, et qui l'accompagnait en ce moment, lui dit: « Frère Thomas paraît plus « jeune que vous. » Le Docteurrépondit : « LesSaints « sont ainsi tous jeunes. » Désirant l'interroger sur « rhistoire qu'il composait, le Frère reprit : « Maître, '< j'ai écrit toute votre Vie ; un point me paraît sura prenant ; dites-moi s'il est tel que je l'ai rapporté. « Est-il vrai que vous soyez mort aussi pur et vierge a que vous étiez en naissant, ainsi que me l'a certifié, « après votre décès, Frère Pierre de Sezza ?» Le Docteur, se retournant comme pour cacher la rougeur que lui causait cette louange, répondit : « Oui, il en « est ainsi; mais ce n'est pas Frère Pierre qui l'a « déclaré, c'est mon compagnon Réginald. » Le Frère voulait le questionner encore pour savoir si l'histoire qu'il écrivait contenait la pleine vérité sur tous les autres points. Trois globes de lumière, égaux en splendeur, mais dont l'un surmontait les deux autres.
apparurent subitement à ses yeux. Se rappelant alors ce qu'il avait lu touchant le triple mode de connaître Dieu dans le ciel, il dit au Docteur : « Maître, vous " avez enseigné et écrit que les Saints ont une triple « connaissance de Dieu : Tune par les sens, l'autre « par l'imagination, la troisième par l'intelligence : en « est-il ainsi ? » Thomas répondit : « C'est la vérité », et aussitôt l'apparition s'évanouit. »
Il ne faudrait pas croire que cette pureté tout angélique ne coiitât au saint Docteur aucun effort, et qu'affermi par une grâce exceptionnelle contre les mauvais penchants, il demeurât oisif possesseur d'un don si précieux. Les auteurs ont soin de nous dire qu'il conserva sa pureté par une continuelle prière et un emploi scrupuleux de son temps. A cette double précaution, saint Thomas en joignit deux autres, également nécessaires pour maint'^nir dans une âme le précieux trésor de la chasteté : une sévère retenue dans ses relations, et une mortification parfaite des sens.
Avait-il àconverseravecles personnesd'un autre sexe, jamais il ne les regardait en face ; il les entretenait brièvement et satisfaisait à leur direction d'une manière fort sérieuse. On s'étonna de cette réserve, dont il n'exceptait pas même ses plus proches parentes. Comme on lui demanda un Jour pourquoi, étant né d'une femme, il se comportait de la sorte envers toutes : « C'est précisément pour ce motif », répondit-il, voulant dire par là : quelque profonde affection que j'éprouve pour celle qui m'a donné le jour, je ne saurais oublier, comme la foi me l'enseigne, que ma mère m'a conçu dans le péché.
La conservation de la pureté demande, de plus, la