LA FAMILLE D AQUIN
été confirmée, à titre de tief, par les papes Léon IX et Nicolas II.
De plus, la famille d'Aquin était alliée aux maisons royales d'Espagne et de Sicile ; et même, elle avait, au témoignage du cardinal Duperron, des liens de parenté avec le Roi de France,
De cette lignée devait sortir le Saint dont nous entreprenons d'écrire l'histoire.
Dieu, « qui tire parfois le pauvre de la poussière pour le placer parmi les princes de son peuple », choisit pour le Docteur Angélique une des premières familles d'Italie, comme , cinquante ans plus tôt, il avait pris dans la plus haute noblesse d'Espagne saint Dominique, dont Thomas d'Aquin devait être, en Religion, le plus illustre fils.
Cette conduite de la Providence cachait un mystère. Saint Thomas était destiné à donner l'exemple d'une correspondance héroïque à l'appel divin dans la voie du détachement religieux. Sa naissance élevée allait entourer cet exemple d'un éclat sans pareil. En outre, il devait illuminer le monde par la supériorité incomparable de sa science et la splendeur de son génie; or, qui ne sait combien l'influence d'une éducation exquise, commencée au berceau, favorise le développement des dons de nature et de grâce, là surtout oii Dieu les a largement départis ?
Mais à la noblesse du sang, la famille d'Aquin joignait la noblesse plus précieuse encore d'une foi sans ombre et d'une vertu sans tache. Aux devoirs d'un loyal chevalier, Landolphe savait joindre ceux d'un généreux chrétien, et Théodora laissa une mé-
moire de piété que les historiens ont transmise avec bénédiction, u C'était, nous disent-ils, une dame de grande dévotion et d'une rigoureuse abstinence ; la continuité de sesprostrations et de ses génuflexions lui avait durci les poignets et les genoux ; elle n'eût pas mérité d'avoir un fils tel que saint Thomas, si sa prière n'eût été agréable à Dieu. «
Six enfants, dont trois filles, étaient le fruit de son union avec Landolphe. L'une des filles mourut en bas âge par suite d'un accident que nous raconterons plus loin; une autre, que certains historiens nomment Marietta, se fit Bénédictine au monastère de Sainte-Marie de Capoue, et y mourut dans les fonctions d'Abbesse, après avoir vécu très saintement. La troisième, appelée Théodora, comme sa mère, épousa Roger, comte de Salerne, auquel elle apporta en dot le comté de San-Severino. Sa vie au milieu du siècle fut celle d'une véritable Religieuse. Inépuisable dans sa charité , elle employait aux œuvres de miséricorde tout son superflu, parfois même une partie du nécessaire. Discrète , prévoyante, sévère pour elle-même, passant en prières et en austérités le temps que les autres accordent au sommeil, elle excellait en toute sorte de vertus. Quelques années après son heureux trépas, lorsqu'on voulut transférer ses restes dansl'église des Frères Prêcheurs de Salerne, son corps fut trouvé intact, exhalant un parfum dont tous les assistants furent embaumés.
Quant aux deux fils aînés du comte et de la comtesse d'Aquin, fidèles aux traditions chevaleresques de leur race, ils suivirent la profession des armes, et exercèrent des emplois distingués dans l'armée de