AVERTISSEMENTS CÉLESTES. 24 I
que la Providence avait fait un miracle, se sentit très touché de reconnaissance ; mais il refusa de manger de ces poissons, et se tournant vers le médecin : « Doc- ^< teur, lui dit- il. il vaut mieux que je m'abandonne à la « volonté de Dieu, que de toucher à ces poissons ; je « les ai désirés trop avidement. »
« Admirable disposition de la divine Bonté, ajoute Guillaume de Tocco, d'accorder une légère satisfaction sensible à celui qui n'avait jamais outrepassé la mesure de la sobriété la plus stricte! Pareillement, admirable gratitude du saint Docteur! il refuse avec délicatesse le mets présenté parla main de Dieu, parce que ce mets lui paraît trop agréable. »
Le miracle des harengs fut divulgué dans toute la contrée par Jean de Guy et par les diverses personnes qui en avaient mangé. L'un de ces convives, Frère Pierre de Castro, moine de Fossa-Nuova. vivait encore au temps du procès de canonisation, et il attesta le fait, avec une variante toutefois, c'est que Thomas avait goûté du mets miraculeux.
Il est aisé de faire disparaître l'apparente contradiction, en disant qu'après avoir porté à ses lèvres le présent du bon Dieu, le saint Docteur se sentit pressé d'accomplir Pacte de mortification raconté par Guillaume de Tocco.
Dieu ajouta une nouvelle grâce à celle dont nous venons de faire le récit: il rendit l'appétit à son serviteur, et Thomas songea dès lors à se remettre en route pour Rome.
s. THOMAS d'aQLIN. ' 7**