‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 80 sur 96 · FUNERAILLES TRIOMPHALES. 2DD · texte numérisé non relu

FUNERAILLES TRIOMPHALES. 2DD

répondit : « Très chers fils, vous savez comment j'ai « suivi en tout la doctrine de Frère Thomas d'Ac quin, et comment j'ai maintes fois témoigné mon a admiration de ce que, dans l'espace d'une vie si • courte, il ait pu parvenir à un tel degré de science « et de sainteté. Or, comme au sujet de cette merveille « je priais sans cesse Dieu, la bienheureuse Vierge et « saint Augustin de me montrer la gloire dont jouis- « sait mon maître, un jour que je m'étais jeté devant a Tautel de la bienheureuse Vierge, et que je la sup- € pliais longtemps avec beaucoup de larmes, tout à « coup au milieu de ma prière et alors que j'étais « parfaitement éveillé, m'apparurent deux person- « nages vénérables, entourés d'une merveilleuse a splendeur. L'un portait la mitre en tête, l'autre « était en habit de Frère Prêcheur, le front ceint tt d'une couronne d'or enrichie de diamants. A son « cou étaient suspendues deux chaînes, Tune d'or, « l'autre d'argent, et sur sa poitrine était une escar- « boucle immense, en forme de soleil, jetant des feux <( de toutes parts. Sa chape était constellée de pierrea ries, sa tunique et son capuce avaient la blancheur a de la neige. Stupéfait, je tombai à leurs pieds, et les a priai de m'indiquer qui ils étaient, pour apparaître tt dans un tel éclat. Alors celui qui portait la mitre, « répondit : « Comment 1 Frère Albert, vous vous a étonnez! Dieu a exaucé vos prières. Je vous déclare « en ce moment que je suis Augustin, Docteur de « l'Eglise, envoyépour vous faire connaître la gloire « de Frère Thomas d'Aquin qui règne avec moi. Il « est mon fils, parce qu'il a suivi en tout la doctrine « de l'Apôtre et la mienne, et illuminé de son ensei-

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a gnement PEglise de Dieu. Voilà ce que signifient « les pierres précieuses qui lui servent de parure. « Celle qui brille sur sa poitrine marque spéciale- « ment la droiture d'intention avec laquelle il a « défendu et affirmé la foi ; les autres désignent les « livres nombreux et les écrits de toute sorte qu^il a « composés. Aussi est-il mon égal dans la gloire, « avec celte différence qu'il me dépasse par l'auréole « de la virginité. » Tel fut le récit de Frère Albert de Brescia, après lequel il défendit à ses deux disciples d'en rien révéler de son vivant, sauf le cas d'une enquête juridique pour la canonisation du Docteur Thomas d'Aquin. »

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