I. « Ici mejrt Thomas. O mort, que tu es maudite
scientifique du grand théologien lui a survécu et lui a assuré une influence considérable dans la vie intellectuelle de l'Eglise catholique. A vrai dire, dès le moment qui suivit immédiatement sa mort, sa doctrine eut à vaincre maint obstacle, à supporter bien des luttes, pour se défendre et l'emporter. Il n'est pas le moins du monde conforme à la réalité historique de croire qu'aussitôt après la mort de l'Aquinate son enseignement fut unanimement accepté dans son ordre et dans les écoles en général.
L'opposition de la tendance conservatrice augustinienne à TAristotélisme de l'Aquinate, qui déjà avait troublé son dernier séjour à Paris, s'affirma très aiguë aussitôt après son passage dans l'autre vie. Le 7 mars 1277, l'évéque de Paris, Etienne Tempier, condamna 219 propositions, au nombre desquelles se trouvait la thèse de saint Thomas sur le principe d'individuation. Le 18 mars de la même année, l'archevêque Albert Kilwardby, théologien dominicain de marque, que nous connaissons déjà comme le représentant d'un cercle de savants dominicains peu portés vers l'aristotélisme d'Albert le Grand et de saint Thomas, inscrivit aussi au catalogue des propositions condamnées, des textes de l'Aquinate. Celui des Dom-'rîrir.': :,u: CDmbr**'t h rlus vivement
la doctrine de l'Aquinate, jusque dans les premières décades du xiv*" siècle, fut Durand de Saint-Pourçain (t 1332).
Avec les théologiens Franciscains, Thomas eut des discussions dès son dernier séjour à Paris. Nous avons noté dans la vie de rAqui^ nate, l'attaque de Jean Peckham contre l'Aristotélisme thomiste. Le disciple de Bonaventure, Mathieu d'Aquasparta {-j; 1302), d^ns ses Quaestiones disputatae, prend souvent position contre des thèses de saint Thomas. Cette opposition de TAugustinisme franciscain contre r Aristotélisme de notre saint se poursuivit et s'accentua dans le conflit entre les écoles scotiste et thomiste. La transition entre l'ancienne école franciscaine et Duns Scot est formée par. Guillaume Vare. A lui se rattachent les deux adversaires les plus remarquables de la doctrine thomiste dans les rangs des théologiens franciscains : Duns Scot (f 1308) et Guillaume delà Mare (vers 1285 à Oxford). Ce dernier dressa, peu après la mort de saint Thomas, dans son CorrectojHum fratris Thomas *, une liste de ^ points controversés entre Thomas et les Franciscains. Lorsque les disciples de saint Thomas se défendirent par des réfutations, le