‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 16 sur 40 · I. Ecrit de polémique contre Thomas · texte numérisé non relu

I. Ecrit de polémique contre Thomas

combatif franciscain, ainsi qu'il ressort d'un manuscrit de Berlin, composa contre eux un second écrit, une réplique, et maintint ses accusations.

Dans les rangs des professeurs de théologie appartenant au clergé séculier se levèrent aussi contre la doctrine thomiste des adversaires influents, tel en particulier Henri de Gand (f i 2 93 ). GoDEFROY DE FoNTAiNES lui-même (t 1303), qui a pour Thomas des paroles aussi élogieuses que possible, s'inscrit souvent en faux contre son enseignement. De ce coup d'œil général, il ressort que la doctrine thomiste eut à surmonter d'importantes difficultés pour prendre une place prépondérante dans son propre ordre, et beaucoup plus encore dans les cercles intellectuels en dehors des Dominicains. La difficulté de la position est attestée par le fait bien assuré que le vieil Albert le Grand n'hésita pas à entreprendre le long voyage de Cologne à Paris, pour défendre avec force et émotion, la doctrine attaquée de son grand disciple défunt.

Cependant, ces difficultés qui s'élevaient contre la doctrine thomiste furent victorieusement surmontées. Tout d'abord les disciples et les AMIS du saint se sont dressés comme un puissant rempart contre ces diverses oppositions.

Thomas s'était attaché un grand nombre de disciples, qni, après sa mort, défendirent son héritage scientifique. Des miniatures, des manuscrits et ufie peinture sur bois de l'Académie de Florence provenant de l'école de Fiesole, représentent la classe de saint Thomas. De nombreux disciples, membres d'ordres religieux et autres, écoutent avec avidité les paroles du grand maître. C'est une illustrat'on à la remarque suivante de Pierre Calo (vers 1320), le fidèle biographe de Thomas : « Lorsque Thomas avait reçu la charge d'enseigner et qu'il entreprenait des discussions ou des cours, une>. telle foule d'étudiants se précipitait dans sa classe, que la salle pouvait à peine contenir tous ceux qu'attirait et que stimulait pour le progrès intellectuel, la leçon d'un maître si remarquable. A la lumière de son enseignement se formèrent ainsi beaucoup de maîtres, du clergé tant régulier que du séculier. La raison en était la manière synthétique, claire et facile- " ment intelligible de ses leçons *. » Si l'on voulait citer les principaux élèves et disciples de saint Thomas, il faudrait nommer en première ligne Gilles de Rome (f 1316), Augustin

Triumphus d'Ancone (t 1328) et Jacques Ca-

la I. Vita S. Thomae Aquînatis auctore Petro Calo. Ed. D. Prûmmer. Tolosae 1911, 3o.

pocci DE ViTERBE (f 1307). Le général des Carmes Gérard de Bologne (f 13 17), dont la Somme théologique inédite a tant de ressemblance avec l'œuvre maîtresse de TAquinate, paraît aussi avoir suivi ses leçons. Dans le clergé séculier, un disciple enthousiaste de Thomas fut Pierre d'Auvergne (f 1305) qui compléta des commentaires d'Aristote laissés inachevés par son professeur.

Il va de soi que dans son ordre à lui, Thomas compta un grand nombre de disciples fidèles, d'amis et d'enthousiastes partisans, quî étudiaient ses ouvrages, expliquaient, développaient, gardaient comme un joyau précieux et défendaient ses enseignements. Que les œuvres de l'Aquinate aient été lues et appréciées de bonne heure dans les écoles de son Ordre, cela ressort des nombreux manuscrits, extraits, résumés, tables, concordances etc., qui rendaient les écrits du grand scolastique plus appropriés i l'enseignement et plus facilement accessibles, Un manuscrit de Paris nous a conservé un « abrégé » de la secunda secundae, dû à la Dlume du dominicain Galien de Orto, qui -emonte à l'année 1288. Pour nommer quellues-uns des élèves et des disciples les plus idèles de saint Thomas, qui firent partie du nême Ordre que lui, disons que les italiens

tS SAINT THOMAS D'AQUIN

Jean de Cajatia, Reginald dePiperno, Pierre d'Andria et Bartholomée de Lucques (f 1327) manifestent un touchant attachement pour le maître estimé. Les trois derniers ont aussi continué des œuvres de saint Thomas restées incomplètes. Bartholomée de Lucques, l'éminent historien ecclésiastique, qui, dans son Hexaemeron s'est révélé profond connaisseur de la psychologie de son maître Thomas, lui consacre ces mots : « Thomas, comme on le reconnaît universellement, dépasse tous les docteurs modernes en Philosophie et en Théologie ; aussi est-il «appelé aujourd'hui à l'Université de Paris, à cause de la clarté de son enseignement le Doctor communis *. » Semblables manifestations d'admiration pour saint Thomas nous viennent aussi d'autres élèves du grand théologien. Un disciple enthousiaste de l'Aquinate. qui développa notamment sa théorie de la connaissance, fut Bernard de Trilia (t 1292) Mais ceux qui nous intéressent le plus sont ce^ théologiens dominicains qui défendirent la doc trine de leur maître contre les attaques de sej adversaires. Gilles de Lessines, en mai 1278 a défendu dans un écrit spécial {De unitaU formae) la théorie de l'unité de la forme (subs

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