‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 26 sur 40 · LA NATURE DE DIEU IIQ · texte numérisé non relu

LA NATURE DE DIEU IIQ

ne conviennent à Dieu que dans un sens plus élevé, reposant sur le rapport de ressemblance ^ntre cause et effet, Dieu et créature. De plus, notre connaissance de Dieu résulte de beaucoup de notions inadéquates qui expriment diversement la nature infiniment parfaite et infiniment simple de Dieu. Notre pensée et notre langage sur Dieu se parfont, dans la voie de l'affirmation ou de la causalité, par la négation et Téminence, en ce sens que nous affirmons de Dieu, cause première, les perfections réelles que nous rencontrons dans les créatures, écartons de lui par la pensée toute imperfection des créatures, et augmentons jusqu'à l'infini les perfections positives que nous avons reportées en lui (S. Th, /, iS). Toute médiate, toute analogue, toute construite qu'elle soit, tout imparfaitement qu'elle rende la nature et les propriétés de Dieu, la représentation que nous avons de lui ici-bas n'en est pas moins vérité, non illusion. Il y aen Dieu quelque chose qui répond objectivement à toutes ces idées inadéquates ; c'est l'absolue plénitude de la perfection divine. (I Sent. d. 5, /, 7).

Ces idées sur la nature et les voies de notre connaissance de Dieu préalablement posées, nous nous trouvons maintenant en face de la question de savoir en quoi consiste, selon Tho-

mas, l'essence MÉTAPHYSIQUE DE DiEu ; c'est" à-dire ce caractère fondamental de la substance divine qui, d'après notre conception, distingue Dieu de' toute créature et, auquel on peut ramener tous les autres attributs divins. Ici^ les commentateurs de l'Aquinate l'ont inter-; prêté diversement. Selon les uns (Capreolus, Bannez, Molina, etc.), Thomas a fait consister cette essence métaphysique de Dieu dans i'aséité; pour d'autres (Jean de saint Thomas Gonet, Billüart), il la place dans la connais^ saucé actuelle absolue; pour d'autres encore (Ferre, Godoy), il la place dans l'absolue im*matérialité de Dieu. Si on laisse parler saint Thomas lui-même, son idée métaphysique de Dieu est l'être tout court,"' la plus pure réalité, sans mélange dé potentialité d'aucune sorte : c( L'essence de Dieu n'est pas autre chose que son être» {De ente et essentiac. 6). « En Dieu, son être même est, son essence » (ISent. d, 8,

Voilà pourquoi Yahveh est bien le nom pro^ pre de Dieu (*S. Th. /, 13, H). Par le fait même que Dieu est l'être sans- addition, dans lequer ne se trouve même pas l'ombre de la possibilité du non-être, il est totalement dis* tinct de l'être créé, qui est un être reçu, un être limité en des classes déterminées. Les

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