‹ Saint Thomas d'AquinChapitre 35 sur 40 · THÉORIE DE L'ETAT ET DE LA SOCIETE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE L'ETAT ET DE LA SOCIETE

chose qui travaille au bien commun de la multitude. Voilà pourquoi, partout où il y a unité dans une pluralité, nous rencontrons un principe directeur. Dans le monde matériel, les corps supérieurs ou célestes dirigent les autres conformément à l'ordre providentiel. De plus, tous les corps sont régis par la créature raisonnable. Ce qui est vrai du macrocosme-, l'est aussi du microcosme. Dans chaque homme, l'âme gouverne le corps; et dans l'âme ellemême, les parties irascible et concupiscible sont dirigées par la raison. De même, parmi les membres du corps, il en est un qui est le principal, qui meut tous les autres, à savoir le cœur ou la tête. Il doit donc y avoir dans toute multitude un principe directeur. » {De régimine prlncipum /, /). C'est ainsi que Thomas fonde sur la nature de l'homme l'origine, la justification et même la nécessité d'une autorité sociale, qui est représentée, à des degrés, divers par le père de famille, par le chef dans la commune, et, au sens le plus élevé et le plus vrai, paf* le souverain, le roi, dans le pays.

Avec cette DÉMONSTRATION PLUTÔT PSYCHOLO- GIQUE ET MORALE DU POUVOIR DE l'EtAT, qui CSt

essentiellement aristotélicienne et qui trouve un point d'appui métaphysique dans l'idée platonicienne de la réduction de la multiplicité

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à l'unité, peut fort bien s'accordef Texplication THÉOLOGIQUE DU MÊME POUVOIR, l'idée Suggérée par l'Ecriture, à saintThomas, d'après laquelle le pouvoir temporel a été institué par Dieu aussi bien que le pouvoir spirituel. Dieu est le créateur de la nature humaine, et puisque l'Etat et la société sont une nécessité naturelle, il est aussi l'auteur et la source du pouvoir de l'Etat. Pour Thomas, la nécessité de l'Etat n'est nullement une conséquence du péché originel. Il enseigne expressément que, dans l'état d'innocence, et donc même si la faute originelle n'avait pas été commise, la société et l'Etat, pouvoirs s'exerçant sur des êtres libres {dominium politicum), auraient existé. Ceci pour deux raisons. La première, c'est la disposition sociale de la nature humaine, d'après laquelle les hommes auraient vécu en communauté les uns avec les autres, même dans l'état d'innocence. Une vie sociale d'individus nombreux n'est guère possible sans une autorité qui veille au bien commun. La deuxième raison, c'est qu'il n'eût pas été convenable qu'un homme très supérieur aux autres par le savoir et la justice, ne puisse pas utiliser cette supériorité pour le bien des autres (dans une situation dirigeante) (S, Th.I, 96, 4). Modes du pouvoir civil. La meilleure forme

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