‹ Saint Thomas d'Aquin, patron des écoles catholiquesChapitre 39 sur 85 · LE COUVENT DE SAINT-JACQ,UES · texte numérisé non relu

LE COUVENT DE SAINT-JACQ,UES

« Le 3 mai 1221, Jean de Barastre confirma par un acte authentique la donation qu'il avait faite aux Frères, et Tuniversité de Paris, à la prière d'Honorius III, abandonna les droits qu'elle avait sur ce lieu, en stipulant toutefois que ses docteurs, à leur mort, y seraient honorés des mêmes suffrages spirituels que les membres de l'ordre, à titre de confraternité. »

Le premier prieur de Saint-Jacques fut Matthieu de France, homme docte, tout préparé à l'instruction des peuples, dit Etienne de Salanhac, et qui avait passé sa jeunesse dans les écoles de la capitale.

Dire combien d'étoiles dominicaines brillèrent en ce lieu par la science et la sainteté ne serait pas chose facile. « De la maison de Saint-Jacques» écrit Touron, on vit sortir de célèbres écrivains, des prédicateurs zélés, plusieurs confesseurs de nos rois pendant trois ou quatre siècles, un grand nombre de prélats et de cardinaux, et le premier religieux du même ordre qui soit monté sur la chaire de Saint-Pierre, sous le nom d'Innocent V. »

Larenomméedu couvent de Saint-Jacques rejaillit sur tous les autres couvents du royaume, et le peuple désignait tous les Dominicains de France sous le terme à.e Jacobins, formé du nom latin du saint apôtre Jacques. Il en fut ainsi jusqu'aux jours néfastes où des hommes sanguinaires, transformant en club le séjour de la prière et de l'étude, marquèrent d'une flétrissure imméritée ce nom

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qu'avait entouré d'honneur, pendant près de six siècles, la vénération publique.

A peine installé dans sa nouvelle résidence, Frère Thomas commença par suivre les cours préparatoires au baccalauréat, qu'il avait ordre de recevoir. Ce ne fut point sous le fameux docteur franciscain Alexandre de Halès qu'il étudia, mais bien au collège même de Saint-Jacques. Les Pères de Réchac, Touron, et autres historiens français de notre saint, réfutent longuemehtropinion contraire. Albert le Grand continua donc sa fonction de maître du Docteur angélique, et Thomas d'Aquin, à Paris comme à Cologne, toujours l'élève studieux, le religieux modèle, disposait en son esprit aussi bien qu'en son cœur des ascensions rapides vers les sommets de la science et de la sainteté.

Après le temps régulier des études. Frère Thomas prit le grade de bachelier en théologie. Il dut passer alors du rang modeste de disciple à la chaire de maître, et consacrer aux jeunes religieux de l'ordre les prémices de son enseignement. Rien n'était plus juste.

« Le fils de Jacob, observe Guillaume de Tocco, distribua gratuitement à ses frères le froment de l'Egypte ; ainsi notre nouveau Joseph commençat-il par nourrir ses frères en Religion du pain de la parole divine, afin de poui-voir ensuite avec libéralité l'Eglise entière des aliments de la céleste sagesse. »

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