LE COUVENT DE SAINT- JACQUES
Cependant ce ne fut point Paris, mais Cologne qui eut l'honneur de ses débuts. Citons V Année dominicaine :
« En 1248, le chapitre général de l'ordre avait pris une décision fort importante touchant le développement des sciences théologiques. Jusqu'alors, il n'y avait eu dans la famille de saint Dominique qu'une seule maison à^Etude générale, celle de Paris, et chaque province dominicaine y envoyait ses sujets les plus distingués. De ce centre unique repartaient également les nombreux professeurs qui dans chaque couvent offraient au clergé un cours public de théologie.
« Or, quoique très vastes, les bâtiments du grand collège de Saint-Jacques étaient devenus insuffisants pour contenir une agglomération de religieux dépassant alors le nombre de cinq cents.
<i L'assemblée de 124S vota donc la création de quatre nouvelles Etudes générales : Bologne pour les provinces d'Italie, Montpellier pour la province dite de Provence, Oxford pour la province d'Angleterre, et Cologne pour la province d'Allemagne. En même temps, elle désigna les religieux qui devaient inaugurer l'enseignement dans chacune de ces maisons. Maître Albert fut tout naturellement choisi pour diriger la nouvelle Etude générale de Cologne, et, sur sa demande, on lui adjoignit comme bachelier son disciple de prédilection, Fr. Thomas d'Aquin. »
Notre saint repartit donc pour l'Allemagne, vers
la fin de l'année scolaire 1248, afin d'ouvrir les cours au mois de novembre suivant.
Il fut chargé d'abord de lire, selon le terme d'alors, c'est-à-dire d'expliquer le Maître des sentences. Ainsi désignait-on Pierre Lombard, évêque de Paris en 11 59, auteur d'un cours de théologie intitulé Les quatre livres des sentences. Cet ouvrage, composé d'après les écrits, des Pères, eut dès son apparition uie très grande vogue, et, faute d'un meilleur recueil, devint pour les professeurs de théologie le thème en quelque sorte obligé de leurs leçons. A notre grand docteur était réservé de fixer pour jamais l'enseignement théologique dans sa Somme immortelle. Mais n'anticipons pas.
Saint Thomas dut, en outre, expliquer à ses élèves l'Ecriture sainte et quelques traités d'Aristote. En même temps il composait l'opuscule i)^5^/7Wclpes de la nature et celui De Vètre et de V essence. Ce dernier a été de la part de l'éminentissime cardinal Jos. Pecci 1 objet d'un commentaire, qui résume en des pages lumineuses toute la philosophie, pour ainsi dire, du Docteur angélique, et révèle dans le frère de S. S. Léon XIII le métaphysicien consommé.
C'est vers cette époque que Thomas fut promu aux ordres sacrés, et bientôt au sacerdoce. Il célébra sa première messe avec les ardeurs d'un séraphin, et dès lors, remarquent tous ses biographes, son union avec Dieu devint plus intime.
Il y avait environ quatre ans que le jeune profes-