‹ Saint Thomas d'Aquin, patron des écoles catholiquesChapitre 57 sur 85 · DÉVOTION ENVERS LES SAINTS · texte numérisé non relu

DÉVOTION ENVERS LES SAINTS

En commerce habituel avec les prophètes, les apôtres et les Pères de l'Eglise , dont il interprétait les écrits dans ses savants ouAa'ages , notre saint avait conçu pour eux, comme tout naturellement, une dévotion singulière ; et avec cette simplicité qui n'est pas le moindre charme de son caractère, il leur demandait à eux-mêmes des éclaircissements. Souvent sa confiance fut récompensée par de célestes apparitions. Les exemples trouveront place dans le chapitre consacré à la science du saint docteur.

Dévot à la personne des saints, il l'était pareillement à leurs images et à leurs reliques.

Vers la fin de 1272, Thomas, accompagné de Frères Réginald et Tholomée de Lucques, vint au château de la Molaria, non loin de Rome, pour saluer son ami, le cardinal Richard Annibaldi. Là, il fut saisi de la fièvre, avec Frère Réginald. Le saint se rétablit promptement ; il n'en fut pas ainsi de son compagnon, dont l'état inspira même de vives inquiétudes. « Thomas , dit le premier biographe, venait à sa chambre pour le consoler et le réconforter dans le Seigneur. Après l'avoir exhorté à la patience, il lui conseilla de s'adresser à sainte Agnès, avec espoir certain d'en recevoir le bienfait de la santé. Lui-même implora les mérites de la vierge martyre auprès de Dieu. Prenant ensuite des reliques de la sainte que par dévotion il portait toujours suspendues à son cou, il les déposa sur la poitrine du malade, et redou-

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bla ses supplications. A l'instant, Frère Réginald se leva joyeux et plein de santé. Ce miracle fut attribué par les uns à la piété du maître, par les autres à l'intervention de sainte Agnès. Mieux vaudrait dire qu'il fut l'œuvre de l'un et de l'autre : les prières de la vierge martyre s'unirent aux instances du saint docteur, pour obtenir de Dieu la grâce désirée. »

Large dans les effusions de sa piété, saint Thomas ne pouvait oublier les saints de sa famille religieuse, et principalement le bienheureux Dominique, son Père. Nous l'avons vu assistant, à Bologne, à une translation des restes du saint patriarche, et préludant, par des veilles et des prières sur son tombeau, à l'enseignement qu'il allait distribuer aux écoliers de l'université bolonaise. Les mémoires du temps nous apprennent que ce saint docteur ne passait aucun jour sans étudier la vie de saint Dominique, afin de reproduire ses vertus. En agissant de la sorte, il était mû par cette pensée, que les bienheureux fondateurs lèguent à leur descendance spirituelle un esprit qui en formera toujours le caractère distinctif, de même que le chef d'une famille dans l'ordre naturel, communique avec son sang et ses biens des principes d'honneur dont ses enfants et petitsenfants ne sauraient s'écarter sans forfaiture.

Saint Thomas professait encore une dévotion particulière envers saint Augustin, dans lequel il voyait non pas seulement un maître pour

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