CHAPITRE VI
ANGELIQ.UE PURETE
Piilchriiudinein candoris ejus admirjibilur
OCuluS. ECCLI. XLIII, 20.
L'œil ne se lasse pas d'admirer l'éclat de sa blancheur.
Oh ! combien est belle, éclatante, la génération chaste ! Sa mémoire immortelle est en honneur devant Dieu et devant les hommes.
A cette exclamation inspirée répondent, dans la vision apocalyptique de l'apôtre saint Jean, les cantiques des âmes vierges, qui forment au ciel le cortège de l'Agneau.
Le patron des écoles catholiques brille au premier rang de cette génération sainte. Ce n'est pas en vain qu'il est appelé Docteur angélique. Homme vraiment céleste, innocent dans son enfance, pur en son adolescence, athlète de la chasteté, honoré de la visite des anges, ceint par eux d'un
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mystérieux cordon, déclaré leur égal, et confirmé, pour ainsi dire, dans la virginité, il mérite à tous égards d'être proposé à l'imitation des jeunes chrétiens, avec les Louis de Gonzague et les Stanislas de Kostka, qui se faisaient gloire eux-mêmes de suivre ses traces.
':^ Mais il faut au lecteur autre chose que des affirmations; consultons les monuments de l'histoire sur la pureté sans tache de Thomas d'Aquin.
'< Le saint docteur avait lu que la Sagesse n'entrera point dans une âme affectionnée au mal, et n'habitera jamais dans un corps asservi au péché. Aussi s'efforça-t-il constamment de posséder la pureté de l'esprit et du corps; et comme il savait que l'homme ne peut l'obtenir en vertu de son mérite, il pria Dieu de la lui accorder par un effet de sa libéralité infinie. Il est certain que le don de virginité lui fut conféré, ainsi que le prouve la vision qu'il eut dans sa prison, lorsque deux anges lui apparurent. Cette pureté admirable est attestée par Fr. Raymond Sévère, lequel déclara par serment, à diverses reprises, qu'étant à Paris, dans le couvent d'études, avec Fr. Thomas, il ne se rappelait pas, durant les sept années qu'il avait passées avec lui dans la plus étroite liaison, l'avoir entendu s'accuser au saint tribunal de la moindre faute contre l'aimable vertu. Or, ces deux religieux se communiquaient les secrets de leur conscience, et par la fréquente absolution se pré-
paraient run Taiitre à la célébration des saints mystères.
« A ce témoignage s'ajoute l'affirmation de son dernier confesseur, Frère Réginald de Piperno, qui mérita d'être le compagnon et le témoin de toute sa vie. Ce religieux déclara plusieurs fois et à diverses personnes que la dernière confession du saint docteur ressemblait à celle d'un enfant de cinq ans, dépourvu de toute malice. »
Nos lecteurs se garderont bien de voir, dans la révélation faite par les confesseurs de saint Thomas, une rupture du sceau sacramentel. Ce sceau est assurément inviolable, sans réserve aucune, en ce qui concerne les péchés avoués au tribunal de la réconciliation. Mais quant aux vertus intimes des serviteurs de Dieu, quant aux merveilles de grâce opérées dans leurs âmes par la droite du Très-Haut, aucune loi ne défend au ministre de la Pénitence de les proclamer, après leur trépas, à l'honneur du Tout-Puissant et pour l'édification des fidèles. L'archange Raphaël a dissipé l'objection qu'on pourrait opposer ici, quand, avant de quitter Tobie et son fils pour remonter au ciel, il leur dit, en se faisant connaître : // est bon de cacher le secret du roi; mais révéler et confesser les œuvres de Dieu est chose dicne d'éloge.
La merveilleuse pureté du Docteur angélique fut en outre dévoilée au Frère qui eut la vision du filet d'argent.
« Comme ce Frère retournait à la cour pontifi-