DERNIÈRE MALADIE 27I
1274, à l'heure de Matines. Près d'achever sa quarante-neuvième année sur la terre, Thomas d'Aquin alla célébrer dans la cinquantième le jubilé de l'éternelle gloire.
En ce moment, un moine priant à l'église fut saisi de sommeil, et, dans un songe mystérieux, vit une étoile admirable d'éclat tomber sur le monastère puis deux autres venir du ciel se joindre à elle, pour remonter ensemble quelques instants après, vers la voûte azurée. Aussitôt il s'éveille, et, entendant le son lugubre qui avertissait qu'un Frère venait de mourir, il comprit que la première étoile signifiait l'âme du saint docteur, laquelle, quittant son corps, s'était élevée vers le ciel, en compagnie de deux autres âmes bienheureuses.
Peut-être, dit un historien, étaient-ce les âmes de sa sœur, l'abbesse de Capoue, et de son frère Landolphe, qui, délivrées du purgatoire par les suffrages de leur frère, venaient à sa rencontre, pour marquer leur gratitude.
Ce premier prodige fut suivi d'un second.
Une étoile semblable à une comète, qui depuis trois jours planait au-dessus du monastère, s'éclipsa tout à coup à l'heure où le saint rendait le dernier soupir.
Comment s'étonner que des lumières célestes aient salué à son passage au sein delà gloire éternelle celui qui, jusqu'à la fm des temps, doit resplendir comme un soleil dans l'Eglise !