Ep. <( Perseverans in corde nostro
2. La décrétale que Gilbert invoque est celle-ci : « Quoties episcopus se a suo metropolitano putaverit prai^gravari, vel eum suspectum habuerit, mox Romanam appellet sedcm, aqua dum se audiri poposccrit nullus eum excommunicet, antequam causa summi pontificis auctoritate fîniatur. Quod si aliter pr:esumptum fuerit, nihil erit, sed viribus oninino carebit. » Voilà qui semblait à l'évêque autoriser les apTpe]s prrvcntifs dont on faisait depuis quelque temps grand usage en Angleterre. Il suffit pourtant de lire le texte pour comprendre que la décrétale vise le cas où un évêque aurait eu déjà à souffrir des rigueurs de son métropolitain, où quelque cause aurait déjà été agitée entre eux, où le métropolitain aurait fulminé déjà quelque censure. Que si alors l'évêque a de bonnes raisons pour récuser un juge qu'il suppose prévenu, il en appellera au Pape, et tant (|ue la cause ne sera pas tranchée par le Saint-Siège, l'excommunication ne pourra être fulminée. Combien est différent le cas de ces évêques anglais qui interjettent appel sans que le primat ait encore rien fait contre eux ! Ce sont eux qui affligent leur chef, eux qui sont justement suspects de préventions ; et pourtant ce sont eux qui en appellent ! Ce t le renversement des n'iles. jamais aucune législation n'a reconnu lidroit d"entraver toute procédure devant les tribunaux de première instance par un appel préventif à la cour suprême ; autant aurait valu supprimer ces tribunaux. De tels appels étaient si absurdes qu'ils avaient failli créer une situation ridicule : Gilbert avait voulu entraîner l'évêque d'Exeter à appeler de la sentence ([ue l'Archevêque de Cantorbéry pourrait prononcer contre lui, Barthélémy ; or Thomas ne songeait point à l'évêque d'Exeter. Si celui-ci se fût port(' appelant, sa situation fût