Ephes. V
l8o SAINT THOMAS DF. CANTORB^RY
se pourra faire en sauvegardant les droits de votre ordre et la liberté de votre ministère (i) ; mettez tout votre zèle à calmer son courroux ; témoignez-lui tant de patience, de douceur, de bonté, que nul ne puisse vous accuser d'avoir négligé un moyen de rentrer pleinement en grâce auprès de votre souverain.
« De plus, Nous faisons appel à votre prudence, lui conseillant et enjoignant de ne fulminer aucune sentence contre le Roi, les personnages du royaume ni le royaume lui-même, jusqu'au jour où nos nonces se retireront; et si, ce que nous ne croyons pas, vous aviez déjà porté quelque censure. Nous voulons que vous la suspendiez provisoirement. Tout cela pour enlever au Roi le plus léger prétexte de plainte et vaincre son endurcissement par de tels procédés. Mais si le succès ne répondait pas à nos vœux, ce qu'à Dieu ne plaise, sachez que Nous n'entendons nullement vous retirer vos pouvoirs, mais bien vous les conserver et vous apporter l'appui de nos conseils et de nos forces. Pour le surplus, nos nonces vous exposeront nos intentions; vous devrez ajouter foi sans hésitation à leur parole et vous conformer à leurs conseils. »
La Lettre apostolique adressée au Roi était plus longue, consistant pour la plus grande partie en une exhortation paternelle, mêlée aux formules d'une espérance qu'Alexandre IIl n'avait certainement pas conçue, nous en avons pour preuve le début de sa lettre à l'Archevêque. N'y voyons donc qu'un artifice oratoire, et remarquons que le Pape ne mentionne pas cette fois la suspension de pouvoirs infligée derechef à Thomas Becket. Il se contente d'annoncer