‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 113 sur 372 · CHAPITRE IX l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX l

l'arrivée de Gratien et de Vivien ; mais c'en était bien assez pour réjouir le Roi et ses adhérents ; leur diplomatie pouvait enregistrer un succès de plus. Il était impossible en effet de mieux mettre en contradiction dans la pratique deux alliés aussi pleinement d'accord sur les principes que le Souverain Pontife et l'Archevêque (i); or les mettre en opposition était en définitive les annuler l'un par Tautre. Pour la seconde fois la victoire échappait aux mains de l'Église, et il fallait recommencer la campagne sur de nouveaux Irais. Seulement l'exilé pouvait se demander combien de temps la patience invincible d'Alexandre III consentirait à faire le jeu de la persévérance non moins obstinée avec laquelle Henri II recourait aux négociations diplomatiques. Une nouvelle Lettre apostolique, arrivée en France presque en même temps que les envoyés de la cour pontificale, dut l'inquiéter à ce point de vue; écrivant le iq juin, le Pape disait à l'Archevêque (2) :

« Nous sommes grandement, surpris de voir que. au moment où vos envovés et les ambassadeurs de notre bien-aimé fils dans le Christ Henri, l'illustre Roi d'Angleterre, étaient encore auprès de Nous, attendant nos résolutions, vous avez jugé bon de publier sans Nous consulter une semence contre les dignitaires du royaume. Nous ne doutons point de votre prudence et de votre circonspection; mais il arrive souvent que l'on voie moins clair dans sa propre cause

1. Thomas Becket ne luttait que pour sauvegarder la clause tutélaire « Salvo ordine nostro -> ; cette clause, Alexandre III Tinscrivait dans toutes ses lettres, et jusque dans la dernière où nous l'avons relevée à dessein. L'un et l'autre étaient donc en accord parfait sur ce point fondamental ; et, nous le répétons, il n'y avait pas autre chose dans le grand débat qui s'agitait.

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