‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 13 sur 372 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

VÉZELAY (ll66)

La prière, le jeûne, tous les genres de mortification étaient mis en œuvre par l'exilé de Pontigny pour obtenir de Dieu lumière et force en des conjonctures aussi graves; et le Seigneur se plaisait à proclamer par des miracles la sainteté à laquelle était parvenu déjà son serviteur fidèle. Thomas guérissait les malades, et les reliefs même de sa table frugale allaient au loin, dans toute la contrée, chasser les fièvres et rendre la santé à ceux que leur foi poussait à en demander (i). Mais plus le grand Pontife entrait dans les voies lumineuses de la sainteté, plus ses devoirs lui apparaissaient avec évidence ; il voyait que désormais la rigueur seule pourrait briser ceux que n'avaient pu toucher aucune preuve de déférence, aucun avertissement paternel. D'autre part la rigueur, c'était l'éclat des foudres apostoliques, suivi de quelqu'un de ces terribles châtiments par lesquels le Dieu Tout-Puissant a tant de fois déclaré lié dans le ciel ce que son Vicaire avait lié sur la terre. Oh! qu'elles paraissaient lourdes aux mains de Thomas, ces clefs d'or que jadis lui avait remises la Vierge Marie !

Page 1