CHAPITRE XI
de les commencer, il n'entendait pas tenir ses belles promesses, mais il entendait encore moins renoncer au bénéfice de ses démarches; on le comprit si bien qu'on se hâta d'avertir Thomas de l'approche du Roi.
Quittant le Temple, l'Archevêque se rendit à Montmartre. Il s'arrêta sur le flanc de la colline, dans la petite chapelle connue sous le nom de Martyritim (i), et attendit pendant que les deux Rois s'avançaient dans la plaine. Bientôt il vit entrer l'archevêque de Rouen et l'évêque de Séez, qui venaient avec Vivien offrir leurs services. Thomas leur confia le soin de solliciter une fois de plus la paix avec la restitution des biens confisqués, se déclarant prêt en retour à se conduire comme le doit faire un évêque envers son Roi. Lorsque Henri reçut cette requête, il y répondit avec un air de bonhomie, déclarant oublier les offenses qu'il pouvait avoir reçues de l'Archevêque ; et quant aux réclamations que Thomas aurait A formuler, il était tout prêt à s'en remettre au jugement de son suzerain, le Roi de France, jugeant en sa cour ; ou bien à celui de l'Église gallicane, ou encore à celui de l'Université de Paris. Le champ ouvert à la diplomatie demeurait large, si l'Archevêque acceptait une telle solution. Thomas fit répondre au Roi qu'il ne refusait pas de s'en rapporter à la sentence que pourraient prononcer le Roi de France ou l'Église gallicane, mais qu'il préférerait de beaucoup traiter à l'amiable. Sur quoi Vivien et ses collègues firent observer que le mieux serait de rédiger une supplique dans laquelle le primat exposerait d'une manière authentique la nature et l'étendue de ' ses