‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 140 sur 372 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

qui fût honnête de la position où il s'était enfermé, Henri Plantagenet rompit soudain la conférence en montant à cheval pour se diriger sur Mantes ; il n'était plus question d'aller saluer la Reine de France.

L'Archevêque apprit par le retour de ses trois mandataires le départ du Roi, que Louis VII accompagnait sur la route de la Normandie, espérant toujours qu'on parlerait du prince Richard et du droit de garde. Il alla ainsi jusqu'à Pacy-sur-Eure, entendant tout le long du chemin le Roi d'Angleterre déblatérer contre l'Archevêque de Cantorbéry, Enfin il fut question de Richard, mais ce fut pour dire qu'on en reparlerait au prochain colloque, à Tours, le 13 janvier, si Louis VII le voulait bien. Pareille réponse dut faire regretter les égards trop politiques témoignés au royal pèlerin. Louis le Jeune, une fois de plus joué par son vassal, revint fort mécontent auprès de l'Archevêque, dont il approuva la conduite en termes énergiques ; l'insistance du primat pour obtenir . le baiser de paix lui avait d'ailleurs paru très sage :

« Je ne vous aurais pas conseillé pour mon poids « d'or, lui disait-il, d'entrer sur les terres du Roi « Henri avant d'avoir reçu ce gage.

« C'eût été pure folie, ajoutait le comte de Cham- « pagne. »

Et au milieu d'un revirement qui rappelait à tous celui qui avait suivi la trahison du Roi d'Angleterre après le traité de Montmirail, beaucoup de seigneurs citaient l'exemple de Robert de Sillé, auquel Henri avait alors donné le baiser de paix, et qu'il avait fait peu de jours après saisir et pendre, au mépris de la foi jurée (i); aucune précaution n'était donc de trop

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