I. Pages
en face d'un souverain félon. Maurice de Sully, évêque de Paris, témoin des faits, se chargea de certifier au Pape que le primat d'Angleterre n'avait point élevé de prétentions exagérées, et que le nouvel échec des négociations ne pouvait lui être imputé. Vivien adressa de son côté au Saint-Père un rapport détaillé, dans lequel il s'exprimait sur le compte du Roi avec l'énergie que nous savons. Pour sa part, Thomas multiplia les renseignements précis, en écrivant aux agents qui plaidaient pour lui à la cour pontificale ainsi qu'au fidèle Gratien. «; Voilà où en « est le Roi, disait-il dans une de ces lettres; il c redoute la sentence qui le menace, lui et son « royaume, à tel point qu'en dépit des allures cour- « roucées qu'il affecte, il n'osera rien refuser au Pape « si Sa Sainteté appesantit sa main sur les domaines « continentaux du prince et renvoie ses ambassadeurs « sans les écouter. Il ne sera pas même nécessaire « .d'en venir à faire exécuter réellement la sentence « d'interdit; la seule menace suffira pour obtenir « aisément tout ce que demandera le Saint-Père (i). »