‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 142 sur 372 · INTRIGUES · texte numérisé non relu

INTRIGUES

Tant de lettres et de mémoires envoyés à la cour pontificale n'étaient pas superflus; car Thomas et ses alliés savaient bien que la partie se jouait alors en Italie où les ambassadeurs accrédités par le Roi d'Angleterre obsédaient le Pape de leurs sollicitations. Richard Barre et l'archidiacre de Salisbury, envoyés après la rupture des conférences de Bur, avaient devancé Gratien et l'archevêque de Sens (i). Ils avaient pour instructions de demander au Souverain Pontife le transfert de Thomas Becket à un autre siège, car on n'osait plus parler de déposition. Que si Alexandre n'agréait pas cette requête, tant de fois écartée depuis six ans bientôt, ne consentirait-il pas à retirer au primat d'Angleterre les pouvoirs de légat? Que s'il refusait encore, il fallait obtenir de lui pour le moins quelque ajournement quant à la date à laquelle devrait être observé l'interdit (2). L'archidiacre avait en outre suggéré au Roi une idée toute nouvelle, qu'il se chargeait de faire prévaloir,

1. Joann., Sarisb. ad Baldwin, Exon. archid. ep. « Mitto tibi litteras » {Materials, t. vu, page 231). Nous trouvons dans cette lettre beaucoup de renseignements auxquels nous nous référerons pour l'histoire des négociations qui nous occupent ; Jean s'y montre aussi bon chroniqueur que jamais.

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