Fitzsteph. Materials, t. m, page
celle d'obtenir du Pape la nomination d'un membre de l'épiscopat anglais pour couronner le jeune prince Henri Court-Mantel et pour sacrer les évêques (i). Henri 11 n'avait pu d'abord taire les doutes qu'il concevait sur la réussite d'un plan si audacieux ; mais Renaud l'archidiacre s'était montré plein d'assurance; et se faisant fort de procurer le succès, il s'était mis en devoir d'agir selon ses vues. L'Archevêque de Cantorbéry était averti, heureusement, et dénonçait la manœuvre aux agents qui le représentaient à la cour romaine, car il y allait d'une véritable révolution dans l'Église d'Angleterre. Si le Pape transférait à un évêque quelconque les prérogatives du primat quant au couronnement du Roi et au sacre des évêques, on verrait se briser le lien déjà trop faible qui rattachait au centre de l'unité catholique les Églises de la Grande-Bretagne (2). L'Archevêque de Cantorbéry, en effet, recevait directement la juridiction du Pape lui-même avec le pallium ; son serment de métropolitain le liait à la chaire de Saint Pierre, et c'était uniquement par lui que l'Église d'Angleterre était reliée au Siège apostolique. Tous les évêques étaient sacrés de ses mains et lui juraient obéissance ; enfin, d'après un droit fondé sur la coutume, c'était à lui aussi que revenait le privilège de donner l'onction royale. Que l'on vint à déléguer pour ces deux fqnctions un évêque quelconque, l'on verrait l'épiscopat se former complètement en dehors du représentant de
1. Thom. Cantuar. ad Alexand. et Jnann. nuntios suos ep. « Sollicit estote » [Materials^ page i8i).
2. L'Archevêque pouvait écrire en toute vérité : « Si dominus papa petitionibus régis in hac parte (quod Deus avertat) aliquo modo adcjuieverit, sciât indubitanter auctoritatem ecclesiaî romanse in Anglia in perpetuum perituram, ita ut auctoritatis apostolicai aliquis ibi mentioncm facere non audeat >^ (Loco cit.\