Ep. « Utinam, dilecte^> (Ma/cv/.r/s, page
« de Salisbury avec tous ceux qu'il a pu ébranler. « Je ne sais vraiment comment il se fait que la « cause du Seigneur soit toujours sacrifiée en cour de « Rome; c'est toujours le Christ immolé tandis que '« Barabbas est mis en liberté. De par la cour pontifi- « cale notre exil et les maux de l'Église se sont pro- « longés déjà pendant six ans bien comptés. Là où « vous êtes on condamne des malheureux chassés de « leurs foyers; et pourquoi? Je le dis en conscience, « il n'y a pour cela qu'un motif, c'est que ces gens « sont faibles, qu'ils sont les pauvres du Christ;, et se « refusent à déserter sa juste cause. Par contre on « absout des sacrilèges, des larrons, des homicides, « tous impénitents. Hé bien ! quand le monde entier « devrait se soulever contre moi. je n'hésite pas à le « dire, fort que je suis de l'autorité du Christ : « pareille absolution ne saurait être ratifiée par Dieu, « quand bien même Pierre en personne l'aurait pro- « noncée. Dans l'Évangile selon saint Luc, Notre- « Seigneur formule ce précepte : Si ton frère pèche « contre toi, reprends-le ; s'il se repenti pardonne- « lui ; et s'il pèche contre toi sept fois le jour, « reprends-le; et s'il vient sept fois le jour te dire : « je me repens^ pardonne-lui. Pense-t-on donc qu'il « n'y ait pas à tenir compte de ces mots : s'il se « repent,... s'il vient te dire: je me repens? A coup « sûr, au jour du jugement le Christ ne sera pas « rangé parmi ceux qui auront à rendre compte d'une « parole inutile ; au contraire il condamnera ceux « qui, au mépris du précepte formulé par lui, osent « bien justifier par de vaines absolutions des pervers « qui ne confessent rien et ne se repentent de rien, « des hommes dont on nous donne l'âme pour vivante « alors qu'elle est morte. N'est-il pas vrai que si la