‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 150 sur 372 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

« chose volée n'est pas rendue, dans le cas où elle « peut l'être, il n'y a qu'une feinte pénitence? Or « l'Esprit-Saint fuit le mensonge (i), dit l'Écriture, car « il est la vérité même. Ose donc qui voudra se mettre « dans un aussi mauvais cas, sans craindre la sen- « tence du Juge à venir ; absolve qui voudra des « larrons, des sacrilèges, des assassins, des parjures, « des schismatiques, tous impénitents; quant à moi, « jamais je ne remettrai le crime de celui qui a spolié « l'Eglise de Dieu et ne s'en repent point. Et ne « sont-ce pas nos dépouilles, ou pour mieux dire « celles de l'Eglise, que les ambassadeurs du Roi dis- « tribuent et promettent libéralement aux cardinaux « et aux gens de la cour? Si l'iniquité commise contre « nous au préjudice de l'Église de Dieu n'est pas « manifeste, je ne sais dans quel cas elle le sera « jamais. Comment défendre la liberté de l'Église, « alors que le Siège apostolique a fait durer notre « exil pendant six ans? Que Dieu voie et qu'il juge ; « mais nous sommes, quant à nous, prêts à mourir « pour cette liberté. Contre elle peuvent se lever « tous les ennemis possibles ; les cardinaux peuvent « armer pour notre perte le Roi d'Angleterre et le « monde entier: avec la grâce de Dieu, je ne serai « pas infidèle à l'Église ; c'est à la vie et à la mort. « Au surplus^ c'est à Dieu que je confie le soin de « ma cause, à Dieu pour qui je suis proscrit et exilé ; « qu'il apporte à tant de maux le remède qui paraîtra « convenable à sa sagesse. Mon intention est bien de « ne plus embarrasser la cour romaine de mes affaires; « que ceux-là recherchent sa protection qui sont forts « dans leur iniquité, et qui^ après avoir foulé aux

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