CHAPITRE XIII
préparatifs de voyage, et quant à présent, une somme de mille marcs.
« En conséquence, Nous avons jugé expédient de vous envoyer vers le Roi pour procurer l'exécution de ces conditions de paix ; car Nous avons pleine confiance en votre sagesse et en votre discrétion, et Nous ne saurions oublier que vous êtes liés à Nous et à l'Église romaine par un dévouement très-sincère. Par les présentes Lettres apostoliques Nous vous mandons et ordonnons, Nous vous enjoignons même en vertu de l'obéissance, de vous réunir et de vous mettre en devoir d'aller trouver le Roi, dans le délai d'un mois après la réception de nos lettres. De la part de Dieu et de la nôtre, vous devrez faire toute diligence et donner tous vos soins à obtenir de lui paix et sécurité pour l'Archevêque ; et vous devrez solliciter l'échange du baiser de paix, par respect pour la majesté divine, pour l'honneur du bienheureux Pierre et le nôtre, ainsi que pour le salut du Roi.
« Vous devrez obtenir en outre de sa clémence, pour l'Archevêque et pour les siens, la restitution de tous leurs domaines dans les meilleures conditions où ils les aient jamais possédés. Nous savons que le Roi a promis d'en agir ainsi, la plupart de nos envoyés Nous en ont donné la certitude, surtout notre cher fils Guillaume, cardinal-prêtre du titre de Saint-Pierre ès-liens (i), et maître Vivien. Que le Roi ramène l'Archevêque en sûreté dans son Église et l'y garde en paix.
Pape ne comprenait-il pas encore ce que Vivien avait dit à ce sujet dan» son rapport ? Ne voyait-il pas la différence entre cette formule et celle cjue Jean d"Oxford lui-même agréait ?
I. C'est Guillaume de Pavie, que nous retrouvons là encore, comme l'homme nécessaire dont la main s'est continuellement mêlée à ces négociations sans issue.
« Quant à notre vénérable frère Thomas, mettez tous vos soins à lui faire agréer cet accord (i), et obtenez de lui qu'il s'humilie devant le Roi autant qu'il le pourra faire en sauvegardant la liberté de l'Église et sans exposer ni lui ni les siens {2).
« Que si le Roi ne voulait pas consentir à payer les mille marcs dont il est fait ci-dessus mention, Nous ne voulons pas que la paix soit compromise pour cela, dans le cas où les autres conditions seraient acceptées. Mais si le Roi se refuse à tenir ses promesses, principalement à restituer intégralement tous les biens d'Église qu'il détient et à donner le baiser de paix selon que Nous le lui avons demandé, à moins que l'Archevêque ne se contente de recevoir le baiser de l'héritier du trône ; en pareil cas. disons- Nous, et dans un délai de quarante jours à compter des sommations faites au Roi, vous devrez jeter l'interdit sur tous ses domaines continentaux, cela sans appel, et défendre la célébration du culte divin, sauf le baptême des enfants et la confession des mourants. Nous exceptons le cas où vous seriez absolument certains que le Roi Henri dût exécuter les clauses du traité dans un délai très bref quoique un peu plus étendu que la période de quarante jours, et aussi le cas où l'Archevêque consentirait à recevoir le baiser du prince héritier comme équivalent à celui du Roi son père.
« Que si, avec l'aide de Dieu, la paix est enfin acquise, vous devrez revoir ensuite le Roi, mais non pas
1. Toujours cette méfiance étrange à l'égard de la victime ; tenait-on donc vraiment l'exilé pour un homme si déraisonnable et si exigeant qu'on eût besoin de l'exhorter si souvent à la condescendance ?
2. Sans doute ; et le problème était précisément là, depuis six ans et plus. Que de malentendus encore! Heureusement Thomas était plus conciliant qu'on ne le supposait.