‹ Saint Thomas de Cantorbéry (volume 2)Chapitre 161 sur 372 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

« vit ses Apôtres s'enfuir et le renier, il vit aussi des « femmes l'assister dans ses souffrances ; leur fidélité « le suivit par-delà le trépas et leur assura les pré- « mices de la Résurrection. Ma fille, vous êtes animée « du même zèle ; puisse Dieu vous accorder d'entrer « en la société de ces saintes femmes. L'Esprit de « charité a chassé la crainte de votre cœur, et il vous « fera trouver non seulement possible, mais encore « facile, ce que réclame de vous le besoin de l'Église, « quelque ardue que puisse être la tâche,

« Espérant donc ainsi de votre zèle dans le Seigneur, « je vous ordonne et vous enjoins pour la rémission « de vos péchés de remettre les lettres que je vous « envoie de la part de Sa Sainteté le Pape à notre c< vénérable frère Roger, archevêque d'York ; et ce, « en présence de quelques uns de nos frères et co- « évêques, s'il est possible ; sinon, au vu et au su de « toutes les personnes qui se trouveront présentes. « De plus, pour que l'instrument original ne puisse « être frauduleusement supprimé, vous en remettrez « une copie aux témoins de votre démarche pour « qu'ils en prennent lecture ; vous leur en déclarerez « vous-même le sens vrai, selon que le porteur de « notre présente lettre vous en instruira.

« Pour prix de votre labeur, une grande récom- « pense vous est offerte, ma fille : c'est la rémission « des péchés, ce fruit qui ne se flétrit pas ; c'est la « couronne de gloire, qu'en dépit de tous les crimes « de leur vie passée, les bienheureuses pénitentes « Marie Magdeleine et Marie d'Egypte ont reçue du « Christ leur Seigneur. Notre-Dame des Miséricordes « veillera sur vous, et obtiendra que son Fils, Dieu « et homme, qu'elle a porté pour les péchés du « monde, soit votre guide, votre sauve-garde et le

« compagnon de tous vos pas. Celui qui a déchiré

« l'acte de notre condamnation et enchaîné la fureur

« des démons, peut aussi arrêter la main que les

« impies lèveront contre vous. Adieu, épouse du

« Christ ; songez toujours qu'il est présent à vos

« côtés. » (i)

I. Ep. « Infirma mundi » [Materials, t. vir, page 307). Selon la remarque de l'éditeur, cette lettre a été communément regardée comme relative aux mesures que l'Archevêque dut prendre contre Roger d'York, au moment de rentrer en Angleterre. Mais d'une part il convient de remarquer que, dans cette dernière circonstance, les évêques de Londres et de Salisbury étaient en cause tout aussi bien que l'archevêque d'York ; et Ton s'expliquerait mal que Thomas eût chargé Idonea de rechercher ce prélat à l'exclusion des deux autres coupables. De plus nous ne voyons pas comment le primat eût pu souhaiter alors que la missive fût remise « en présence de quelques évêques » ; les prélats n'étaient pas réunis, lorsque Thomas se dirigeait vers l'Angleterre; tandis qu'à l'approche du couronnement, il était tout naturel de supposer que quelques uns au moins se trouveraient avec l'archevêque d'York. Enfin Roger de Pontigny nous dit (page 68) que les lettres envoyées par le primat au moment où il allait passer le détroit furent portées par un nommé Osbern (peut-être le chambellan que nous avons vu à Northampton) ; il n'est pas question de la mission confiée à Idonea, et cependant la circonstance était assez remarquable pour ne point passer inaperçue. Nous croyons donc être dans le vrai en plaçant la lettre cidessus dans la série de celles qui ont trait au couronnement de Henri Court-Mantel.

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