Ep. « De vestro aliorumque » [IbiJ., page
nisait laborieusement sa caravane ; et aux seize chevaux qui d'ordinaire suffisaient pour son escorte, il en adjoignait vingt autres (i). Il est raisonnable de penser qu'il ne songeait pas à traverser la mer en se faisant suivre d'un pareil train ; car personne, que nous sachions, ne lui avait d'avance préparé une escadre. Il se dirigeait simplement vers la ville de Rouen, s'acheminant à petites journées, faisant halte avec son équipage dans les abbayes ou dans les manoirs du Roi qu'il trouvait sur sa route. Lui non plus, évidemment, ne songeait pas à molester le prince chez lequel il prenait si largement l'hospitalité. Il était enfin à Rouen auprès de son collègue, vers la fin d'avril, lorsqu'on vit arriver l'archidiacre de Bath envoyé par le Roi d'Angleterre pour annoncer le retour très prochain du souverain ; il était donc inutile que les deux prélats se missent en peine de passer la mer. Au surplus bonne garde était faite dans les ports ; la reine Éléonore était à Caen et Richard du Homet, connétable de Normandie, demeurait auprès d'elle : par leurs soins des ordres étaient donnés aux patrons des navires pour qu'aucun prélat gênant ne pût s'embarquer. Si Bernard eût tenté de fréter un vaisseau, on lui eût répondu partout que les vents étaient contraires. Une seule chance lui restait: l'héritier du trône allait passer en Angleterre, on le savait, mais il se trouvait encore auprès de sa mère, à Caen : sur le vaisseau qui l'emmènerait, il serait difficile de refuser passage à un évêque envoyé par le Pape. Bernard de Saint-Saulge y songea peut-être, car il se mit en route pour la résidence royale où il arriva le 5 mai, juste au moment où Henri Court-Mantel venait d'en partir
I. Amici cujusd. ad Thom. Cantuar. ep. « Rex prima dominica » (/*;W.,pagc 309).