I. Cfr. Gerv. Cantuar., t. i, page
il souhaitait faire bénéficier le trésor royal de la réforme à laquelle s'était opposé l'Archevêque de Cantorbéry lors du conseil tenu à Woodstock en 1163 (i). Deux mois se passèrent, deux longs mois pendant lesquels Henri put demeurer en paix dans son île, grâce à l'inaction de l'archevêque de Rouen et de l'évêque de Nevers. Au commencement de juin, une courte lettre lui suffit pour arrêter les deux envoyés du Pape ; cette lettre, dans laquelle Henri annonçait son prompt retour, était datée de Westminster; elle était écrite alors que le Roi venait de convoquer toute la noblesse, tous les évêques et abbés, prévôts, et aldermen des bourgeois (2), à se trouver réunis le 14 juin à Westminster même. Que voulait le maître ? L'enquête menée contre les shérifs ne rassurait personne, dans un royaume où la vénalité était une plaie trop répandue. Quelques prélats étaient dans le secret du Roi, mais ils ne parlaient pas, pour ne point compromettre la réussite du plan concerté.
Dans les premiers jours de juin, Henri Court- Mantel passait la mer et débarquait en Angleterre ; en Normandie l'on savait qu'il partait pour aller recevoir l'onction royale ; on nommait l'archevêque d'York comme désigné par le Roi pour procéder à cette cérémonie importante. En Angleterre, si nous en croyons le chroniqueur de Cantorbéry, l'on ignorait tout (3). Les intéressés avaient fait le silence en effet ; Roger d'York avait reçu depuis longtemps un exemplaire des Lettres apostoliques, par lesquelles le